La pollution chinoise, même pas peur

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Sirhom de planete-pekin.com

La France crie au désastre écologique, en Chine ça fait sourire. Paris, capitale mondiale du tourisme n’est pas encore celle de la pollution. Mexico ? Enterrée. Désormais c’est à l’étalon chinois que l’on mesure la réelle nocivité de nos sociétés modernes.

« Les touristes évitent la région, mais les expats comme moi n’échappent pas à la pollution Chinoise. »

36 fois plus de particules fines qu’à la normale !

L’an dernier, Pékin a atteint le taux record de 900 µg au lieu des 25 par m3 conseillés par l’OMS.

On entend surtout parler de la pollution de Pékin par démagogie. C’est plus facile à retenir et cela permet d’égratigner au passage le gouvernement chinois, comme le fit un certain journaliste du Monde.
En réalité, tout le nord ouest du pays est concerné, et plus gravement la plupart du temps.

Smog Pékin muraille de Chine

600 millions de victimes d’un smog insistant en 2013

Pour exemples, le nombre de patients admis dans les hôpitaux de la capitale pour problèmes respiratoires a augmenté de 20% ; les cas d’emphysème et d’asthme de 50%.
En bonne santé, on ne sent d’effets directs qu’à de très forts taux. Pour les personnes sensibles, les dommages sont plus immédiats.

Carte-AQI

Pour causes on peut citer le trio gagnant de la croissance chinoise :

  • l’automobile polluante
  • le charbon comme ressource principale
  • la frénésie de l’urbanisme

A la belle saison, on peut voir les véhicules à l’arrêt depuis plusieurs jours couverts d’une couche de poudre grise, on croirait qu’ils n’ont pas bougé depuis des années.

A la maison, des dépôts de charbon encadrent les fenêtres.

Mais ces grosses particules ne sont pas les plus dangereuses, les plus discrètes sont d’avantage à craindre.

Les masques et la mode ;)

Les masques et la mode ;)

Les produits d’assistance à la respiration font fureur

Du filtre à air d’intérieur, en passant par les masques essentiellement cosmétiques, jusqu’au bon vieux masque à gaz des familles, seul vraiment efficace, chacun lutte à son échelle contre le problème.

Pour les enfants, nous sommes équipés du Air-O-Swiss P320 que nous déplaçons en fonction de nos activités. L’air des alpages nous suit partout dans l’appartement.

En 2013 les internautes ont investi 150 millions de dollars sur Tao Bao, l’Ebay chinois, pour mieux vivre malgré la pollution.

Parc olympique pollué

Parc olympique pollué

Mais que faire en Chine par 500 à l’AQI ?

Pour nous qui demeurons dans les zones viciées, les joies du plein air sont souvent proscrites durant l’hiver.

Comme beaucoup de familles chinoises, nous désertons les somptueux parcs de la ville dont la fréquentation chute de 20% lors des pics. Nous cocoonons devant un dessin animé à la télé, près du purificateur d’air.

Par temps maussade, on préfère les molles occupations d’intérieur : musées, cinés, services respiratoires…

Moins d’affluence au parc olympique, mais le musée d’Histoire naturelle tourne à plein. Ces jours là, même Li Na, la championne chinoise de tennis ne sort pas du gymnase. C’est vous dire !

Le tourisme chinois, une affaire qui marche ? Ça dépend

Avec un milliard de voyageurs en 2013, le tourisme mondial est un marché en pleine croissance.

+ 5 % indiquait dernièrement l’Organisation Mondiale du Tourisme.
+ 6% pour l’Afrique grâce à la reprise de l’Afrique du nord.
+ 5% pour l’Europe en crise, qui avec les pays de l’Est et du centre permet de bouger pas loin pour pas cher.

Un quart des voyageurs au niveau mondial sont passés par la région Asie-Pacifique en prenant soin d’éviter la Chine.

La muraille - Badaling

La muraille – Badaling

Les afflux étrangers en Chine chutent de presque 3%

Les principaux points de chute des voyageurs étrangers sont en plein dans les zones à risque. On comprend qu’ils aient reporté leur voyage à une date ultérieure, ou vers d’autres horizons.

Le nombre de touristes entrés en Chine en 2013 tombe à 130 millions.

Parallèlement, 100 millions de touristes chinois gagnent des cieux plus cléments à l’étranger, soit une augmentation de 18% sur l’année précédente.

Cependant en Chine, plus encore qu’ailleurs, le touriste est d’abord un chinois.

Le tourisme domestique connait une poussée de 10%

Avec plus de 3 milliards de voyages intérieurs et environ 500 milliards de dollars de recette à ce poste cette année, La Chine réalise une croissance de 14%.

En février encore, pendant les fêtes du nouvel an, ce fut un boom sans précédent en dépit des risques de toxicité de l’air.

Les touristes chinois privilégièrent les régions du Hainan et du Yunan, pour leurs attraits environnementaux. La montagne, la mer et l’air pur. Même les antiquités se dégradant sous l’effet du smog ne ralentirent pas cette croissance énorme, même en ville.

Et le gouvernement dans tout ça, que fait-il ?

Si cet hiver fut moins douloureux que le précédent, j’attendais de voir l’État en action suite à ses communications rassurantes en septembre dernier. Nous sommes en mars et hélas…

L’action gouvernementale se conjugue toujours au futur

matin pollué

Au petit matin…

Faute d’intervention décisive, le spectacle se joue comme souvent ici à coup d’effets d’annonces et de démonstrations judiciaires :

  • Dispenses d’éducation physique, pour les parents qui laisseraient sortir leurs gosses dans la pollution.

Moi je n’attends pas l’avis du gouvernement pour retirer les enfants de l’école.

  • Un nouveau code signalétique à quatre couleurs moins inquiétant que celui utilisé par l’ambassade des Etats-Unis :

On est pollué comment aujourd’hui, bleu ou jaune ? Ça dépend, en chinois ou en ricain ?

  • Une hotline pour se plaindre.
  • Et surtout, des amendes pour les méchants industriels… La lutte pour le fric, par le fric, contre le fric. Soit des taxes sur les produits polluants, pour calmer les ardeurs des entreprises. C’est déjà ça, mais sûrement insuffisant pour faire revenir les touristes.

Des promesses en batterie pour un avenir doré

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Dans les artères de la ville

La situation n’a que trop duré, mais on ne pourra pas enlever au gouvernement chinois de dire très exactement ce que l’on veut entendre. Ces 7 derniers mois, saison tristement connue pour ses pics brumeux, ont vu le Parti dans une intense réflexion dont le seul fruit est l’élaboration de 90 idées pour améliorer la situation.

Rien qu’à Pékin, 130 milliards de dollars seraient engagés dans la lutte contre la pollution atmosphérique d’ici 2017.

  • La consommation de charbon devrait être réduite de moitié
  • l’entrée sur les réseaux routiers de nouveaux véhicules se verrait limitée à 150 000 par an pour la capitale
  • 6 millions de véhicules polluants seraient mis hors service
  • des carburants « plus écologiques » seraient prochainement disponibles

Le même plan s’appliquera à toute la Chine : optimiser la structure industrielle, augmenter l’efficacité énergétique, réduire les émissions des véhicules, contrôler les poussières transportées par le vent.

Et ajoutant à l’exotisme de science fiction actuel, des drones filtreurs quadrilleront bientôt le ciel chinois pour votre plus grand bonheur.

Le smog unifie le peuple chinois… Alors on danse

En attendant le passage à l’acte, on aura pourtant vu se manifester une vague d’optimisme largement soutenue par la presse.

En février, par 500 à l’AQI, se tenait au parc olympique un marathon en faveur d’un certain esprit écologique.

Undie Run In Beijing

« La course des cochons nus » comme on dit ici.

300 participants dont des femmes enceintes, coururent dénudés lors de cette modeste pollu-pride, pour manifester dans la bonne humeur leur mépris pour la pollution, et leur espoir de revoir le bleu du ciel.

Le message, à double fond, fait finalement passer cette idée que si rien ne va plus, ce n’est pas une raison pour faire la gueule, relayant en cela la teneur des médias dominants.

Le smog unifie les chinois, les rend plus conscients de leur santé et plus enclins à montrer de l’affection l’un pour l’autre nous dit le quotidien du peuple.

Nid d'oiseau du soir

Nid d’oiseau du soir

Ça commence aujourd’hui

La Chine ne pourra pas tenir indéfiniment sur son mode de développement à tout prix. C’est certainement là que réside l’espoir le plus solide quant à l’avenir.

La croissance à deux chiffres de la Chine détruit localement l’environnement

A hauteur de 5% du PIB : 400 milliards de dollars ! Cela n’a pas échappé au gouvernement.

Notre modèle de croissance est inefficace et insoutenable, dééclarait Li Keqiang, le premier ministre chinois il y a quelques jours.

Le pays entre doucement dans une économie moderne comme le firent par le passé nos sociétés occidentales. Au fond, la propagande positive du moment n’est pas si éloignée de la vérité. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer.

 

La Chine est des plus fréquentables quand revient le beau temps

J’espère encore pouvoir vous en convaincre.

Le problème de la pollution est réel, mais disparait avec le printemps. Pékin retrouve ses feuilles fin mars, la ville est alors très verte. Un bonheur à parcourir jusqu’à fin octobre. Les parcs sont magnifiques et pleins d’une activité qui force le smile. Les chinois s’y régalent à jouer, danser, chanter…

Je vous invite d’ailleurs à ne pas manquer le palais d’été.

Le palais d'été

Le palais d’été

Pendant l’été, en Chine vous n’aurez rien à craindre en comparaison des taux de pollution actuels en France.

J’ai même croisé quelques papillons en plein centre ville, chose que je n’ai jamais vue dans une quelconque ville française. Peut-être des papillons mutants de Fukushima qui ont fait la traversée…

Par ailleurs, la Chine ce n’est pas que la ville, la nature y est belle et abondante. La Chine, c’est aussi le Yunan, le Hainan, le Xinjiang, le grand Tibet. Pas la peine d’attendre d’hypothétiques jeux olympiques d’hiver en Chine en 2022, savourez-la maintenant !

 Sirhom

34 Réponses à La pollution chinoise, même pas peur

  1. Amelie - Voyagista 3 avril 2014 à 5 h 06 min #

    Sirhom, voici un article qui me touche de prêt également!
    A Hong Kong aussi nous sommes très touchés par la pollution et malheureusement toute l’année car les usines de l’autre côté de la frontière (et la circulation intense) ne s’arrêtent pas. Un exemple, cette année nous avons eut quelques jours de ciel bleu magnifiques durant le nouvel an chinois, toutes les usines de Shenzen et du reste de la Chine était fermées…
    Nous avons également des purificateurs d’air à la maison et les enfants ne sortent pas quand il y a des pics mais c’est vraiment quelque chose qui m’inquiète et le gros point négatif de HOng KOng.
    Je suis comme toi à long terme je suis optimiste, le Japon des années 70 était également très pollué et maintenant Tokyo a un ciel bleue magnifique… il faut que la Chine grandisse et s’adapte…

    • Sirhom 3 avril 2014 à 9 h 30 min #

      Salut Amélie, oui la plupart des grandes villes chinoises sont touchées. Est-ce que ça existe une petite ville chinoise ? Les chinois parlent de petites villes de 5 millions d’habitants… C’est vrai qu’avec la Chine il est question de proportions. Toutes les sociétés ont dû sortir d’une difficile période industrielle, à une époque où les retombées étaient moins durables peut-être. Rien de nouveau en Chine, mais l’échelle du phénomène est inquiétante.
      Je crois qu la situation va s’améliorer, mais je ne saurais dire combien de temps cela prendra.

  2. Benoit(novomonde) 3 avril 2014 à 6 h 19 min #

    Salut Sirhom,

    Au niveau de la pollution je suis entièrement d’accord avec toi… c’est surement un mauvais moment à passer et ça va surement s’améliorer dans le futur! Pourtant, j’ai quand même trouvé la pollution dérangente à Pékin en aout lorsque nous y étions… Peut-être sommes-nous mal habitué en Suisse…
    A propos de la croissance du tourisme doméstique, là je crois qu’il peut y avoir un problème. Les touristes chinois ont des mauvaises habitudes (jeter les déchets partout, hurler, ils se croient un peu tout permis du moment qu’ils ont payés) qui peuvent facilement bousiller un endroit magnifique. Et comme il y’a de l’argent à se faire dans le domaine, on construit des autoroutes pour faciliter l’accès à ces merveilles (genre Lijiang dans le Yunnan ou encore l’autoroute qui va relier le nord du Yunnan au Sichuan)… Et paf, quand des millions de touristes chinois/an visite un endroit, ça donne Lijiang maintenant… l’horreur! Il vaut mieux se dépecher de visiter le Sichuan-Thibet avant que l’autoroute ne soit finie ;-)… Comme tu dis à la fin, il vaut donc mieux visiter la Chine maintenant… avant que les touristes domestiques n’aient bousillé ces endroits! Mais bon, on peut toujours espérer un changement de mentalité des touristes chinois… qui sait?

    • Sirhom 3 avril 2014 à 10 h 08 min #

      Salut Benoit,
      je me rappelle que tu m’avais dit avoir mal supporté la pollution lors de ton passage à Pékin, fin aout je crois. Il arrive qu’il y des taux élevés en été aussi. En théorie l’été fait partie des saison à risque, à cause de la consommation électrique liée à la climatisation de masse. Dans les faits, les chinois utilisent à présent peu leur clim, parce que c’est « mauvais pour la santé ». Entre le travail de sensibilisation du gouvernement et l’accès de certaines classes au pouvoir de consommer mieux, le concept de santé commence à prendre. Pourvu que ça dure. Ça peut très bien prendre racine, la culture médicale chinoise étant millénaire, alors qu’en Europe elle est très récente.

      Le fonctionnement écologique est encore très récent chez nous aussi, pour preuve les fossés des campagnes de France sont pleins de 2cv et de machines à laver abandonnés il y a pas si longtemps par les locaux.
      Espérons que ça passe bien en Chine aussi. Les chinois ne restent pas longtemps sur les sites qu’ils visitent, mais ils sont nombreux…

      A propos de la pollution chinoise, je me demandais si d’avoir passé du temps à Hanoï et d’avoir beaucoup aimé, en dépit de taux de pollution certainement aussi élevés que ceux que tu a connus à Pékin, t’avait amené à relativiser ?

    • Benoit(novomonde) 3 avril 2014 à 13 h 39 min #

      Je ne crois pas que je relativise… en tant que touriste j’ai mieux aimé Pékin que Hanoi! C’est quand même la capitale de la Chine et elle regorge de monuments plus intéressants et impressionnants les uns que les autres… Mais je ne pourrais pas y vivre je pense (tout comme je ne pourrais pas vivre à Hanoi), à cause de la pollution entre autre (j’avoue que la langue serait aussi un problème, le métro est surbondé aux heures de pointe, 22 millions d’habitants c’est trop pour moi…). Tu sais… j’ai aussi besoin de mes montagnes pas trop loin ;-)
      Pour le fonctionnement écologique tu as raison… Mais espérons que ça change assez vite car avec la masse de touristes chinois qui visitent leur propre pays chaque année, il ne leur faudra pas longtemps pour reproduire 15 autres Lijiang… Il y’a déjà eu la révolution culturelle en Chine, ça serait dommage de bousiller ce qui reste…

  3. [email protected] Chili 3 avril 2014 à 6 h 50 min #

    Il y a une question qui me turlupine… Pourquoi vivre à Pékin ? Pour un pékinois d’origine pékinoise, j’imagine la difficulté de changer de vie, il faut travailler pour « gagner sa vie » on va me dire. Mais là ce serait « gagner sa mort ». Donc c’est soit je me barre pour crever de faim ou je reste pour crever d’un cancer.
    Dans une ville comme Pékin, il y des riches et des pauvres. Si c’est une question de ressources, les plus aisés seraient déjà partis et Pékin serait alors peuplé uniquement par des gens payés au lance-pierres ! Je ne suis pas sûr que la santé soit priorité number one, enfin pas pour la majorité.

    Le gouvernement ne fera rien, ou tendra un doigt pour soigner sa popularité. La situation est alarmante depuis de nombreuses années mais le business passe malheureusement avant.

    • Sirhom 3 avril 2014 à 10 h 19 min #

      Salut Mathieu,
      tout à fait d’accord, le business a tout les droits aujourd’hui en Chine. Que le gouvernement admette que le fonctionnement actuel est nuisible et insoutenable est clairement le meilleur espoir sur lequel on puisse miser.

      Pékin est et demeure la capitale historique du parti depuis Mao. C’est là que tout se passe pour les strates supérieures du pouvoir. Culturellement, la ville est très active aussi. 20 millions d’habitants et de nombreux travailleurs non recensés parce que leur permis officiel de résidence les lie à leur campagne natale. 20 millions de ploucs dirons les gens de Shangaï, mais il y a une certaine hype à vivre à Pékin. La preuve, Jacky Chan y passe nombre de ses vacances auprès de ses concubines… et de ses amis du parti.

    • Benoit(novomonde) 3 avril 2014 à 13 h 13 min #

      Vivre à Pékin ne représente pas que des inconvénients pour les chinois… C’est la garantie d’avoir accès aux meilleurs soins (hopitaux) du pays, à la meilleure éducation, aux meilleurs universités (par exemple il est plus difficile pour un jeune venant de la campagne de rentrer à l’université à Pékin que pour un pékinois…). Et quand on sait qu’il n’y a rien de plus important que les enfants en Chine, les questions de l’éducation ou de la santé peuvent peser lourd dans la balance au final…

  4. Jordane de MonBonPote 3 avril 2014 à 7 h 56 min #

    Merci de ton article, ça me conforte dans mon idée de ne pas regretter d’aller dans ce pays, du moins pour l’instant. Ca m’étonnerait que ça devienne comme au japon. Les chinois et les mentalités n’ont pas la même mentalité. Ils n’ont pas la même définition du mot qualité.
    Il y a quelques semaines quand paris était pollué certains disaient même que proportionnellement à l’envergure de la ville, Paris était plus pollué que Pékin.
    J’avoue que c’était l’airpocalypse, jusque dans les campagnes avoisinantes. Bref tout ça pour dire qu’on n’aura beau être optimiste, le scénario de bladerunner se rapproche de plus en plus !

    • Sirhom 3 avril 2014 à 10 h 39 min #

      Salut Jordane,
      clairement les mentalités de la Chine et du Japon sont en Asie deux univers aux antipodes. Cela dit, les chinois méritent d’être rencontrés. Ce sont aussi leurs qualités qui les rendent difficile sur les sites touristiques. S’ils n’étaient pas si directs et si tolérants, ils ne seraient pas parfois si relous:)
      J’ai assez peu voyagé, mais j’ai trouvé à Pékin les gens les plus ouverts à la rencontre que j’ai jamais croisés.

      Par ailleurs la Chine c’est vaste, c’est aussi l’air pur, la nature et l’authenticité. Benoit de novo-monde même s’il a eu du mal avec le beurre de Yak, ne dira pas le contraire:)

  5. Julien 3 avril 2014 à 11 h 21 min #

    Intéressant cet article sur la pollution. Je pense que si je fais un tour en Chine ça sera pour sa campagne car globalement j’ai du mal à apprécier les grandes villes

    • Sirhom 4 avril 2014 à 1 h 58 min #

      Salut Julien,
      c’est une bonne alternative, ça te laisse encore du choix:)

  6. Chloé et Murvin 3 avril 2014 à 12 h 36 min #

    Merci Sirhom pour ce point de vue « de l’intérieur ». Nous sommes actuellement à Kathmandu et on circule avec nos bandanas sur le nez et la bouche et tous les soirs, c’est pas beau à voir ce qu’il y a dans le nez et la gorge :-). J’ai l »impression que c’est le même problème de santé qu’à Pékin sauf qu’il y a moins de sous ici pour envisager une quelconque amélioration malheureusement…
    Enfin, c’est très courageux de ta part de défier le smog!
    Tchô!

    • Sirhom 4 avril 2014 à 2 h 12 min #

      Merci pour ton commentaire:)
      c’est vrai qu’il y a quelques coins dans le monde où la pollution est moins excessive qu’à Pékin, mais où les possibilités d’améliorations sont moindres. Dans l’est de l’Europe, en Mongolie…

      Pour notre part, ce n’est pas par héroïsme, que nous défions le smog. Au départ nous ne pensions pas que la situation était si grave. Depuis heureusement cela s’est amélioré.

  7. Rachel @ Blog voyage Découverte Monde 3 avril 2014 à 20 h 12 min #

    Ouff je savais la Chine polluée, mais pas à ce point pour être honnête. Quoique cela ne me surprend pas du tout. J’étais en Chine en novembre 2012 et heureusement je n’ai pas vécu le problème de pollution car j’étais au Yunnan et au Guangxi. Mais à constater le mode de vie des chinois, c’était clair que ca en arriverait là. Ne trouves-tu pas déprimant Sirhom de vivre dans une ville où il y a absence de ciel bleu pendant plusieurs mois? Je crois que je serais dépressive à l’heure qu’il est. J’espère qu’ils feront les changements nécessaires le plus vite possible, car au rythme qu’ils se développent s’ils ne font rien ce sera encore plus terrible.

    • Sirhom 4 avril 2014 à 2 h 19 min #

      Salut Rachel,
      l’hiver d’une manière général, c’est pas la saison la plus gaie… J’avoue qu’avec la menace de la pollution sur nos têtes c’est un moment difficile à passer. La situation s’est améliorée cette année, seul un gros pic en février. Du coup, plus d’inquiétudes que de mal.
      Je ne saurais dire si la tendance va durer, le gouvernement n’ayant pour l’instant pas encore bougé.

  8. bobby 4 avril 2014 à 10 h 21 min #

    Ah merci beau papier, ce n’est pas un problème facile à traiter. Le gouvernement chinois à longtemps dirigé de main de fer mais maintenant il doit écouter son peuple qui commence en avoir marre. Le partie communiste joue plus stratégiquement son avenir n’est plus garantie. Espérons que le gouvernement prendra les problèmes de pollution aux sérieux et prendra des mesures drastique pour préserver ses ressources et la santé de ses citoyens. Des petits pays environnant qui produisent une Pollution industriel marginale comme le Laos souffre aussi de cette Pollution dans un grand silence. J’ai confiance que les choses iront vers le mieux.

    En terminant C’est une belle coïncidence j’ai écris un papier voilà de cela un petit moment qui évoquait des idées similaires… Merci encore c’est des petits geste comme celui-ci qui changeront le monde a long terme.

    http://www.getlostinasia.com/6731/que-faire-devant-indices-polluants-montrant-des-taux-alarmants-en-asie/

    • Sirhom 4 avril 2014 à 18 h 25 min #

      Salut bobby,
      ce que tu dis est intéressant, aussi parce que contredit ce l’on pense en général de la situation en Chine, en terme de liberté d’expression. La voix du peuple a aujourd’hui son poids. Je n’irai pas jusqu’à dire que le gouvernement l’écoute, mais qu’il fait attention à ce qu’il dit. Un peu comme en France donc.

  9. eloise040414 4 avril 2014 à 15 h 11 min #

    Sauf que les chinois prennent de nombreuses mesures concrètes et efficaces pour enrayer leur pollution.

    Si les objectifs de croissance économique pour l’année prochaine ont été fixés à 7,5 %, la priorité affichée par Li Keqiang à Pékin a été de combattre la pollution, tout en ménageant la croissance.

    Des exemples à suivre.

    • Sirhom 4 avril 2014 à 18 h 42 min #

      Salut Éloïse,
      oui, c’est ce que je dis en conclusion. L’État a réfléchi tout l’hiver, pendant la période la plus difficile. Au printemps, la pollution retombant avec la fin du chauffage de saison, il a pondu… des idées. Je pense aussi que cela va bouger dans le bon sens, d’un point de vue écologique. Mais jusque là la seule action concrète cet hiver a été d’interdire – pardon de déconseiller et d’annuler – les feux d’artifices des fêtes du nouvel an.

      L’an dernier, les pics ont frappé la Chine avant les festivités, et avant un quelconque pétard. Je conçois que le déchainement dans les rues à ce moment là ne soient pas des plus sains, mais les feux d’artifices ne sont pas responsables de la pollution.
      Le Parti sous Xi Jinping veut se donner une image sérieuse, et que veux-tu, les chinois ne croient jamais autant à l’austérité du système que quand on leur serre la vis.

  10. Laurent 4 avril 2014 à 20 h 00 min #

    Salut Sirhom,
    Ça ne donne pas méga envie de venir de voir en hiver ton histoire !! Je regarde toujours le compteur AQI quand j’arrive sur ta planète, mais n’ayant pas une très bonne mémoire des nombres, j’ai du mal à me faire des références.
    Une petite question, sais-tu (ou sait-on) quelle est la cause principale de la pollution aux particules à Pékin ? La circulation automobile (1), les centrales électriques (2) ou l’industrie (3) ?
    Les remèdes ? J’ai quelques idées, mais bon, c’est sans doute un peu léger …
    1 – Plus de transport en commun. Ils sont abondant et efficaces à Pékin ? J’imagine par contre qu’il n’y a pas ou peu de voitures diesel ?
    2 – Déjà un peu plus difficile, on peut faire de l’électricité autrement, mais j’ai cru comprendre que la Chine était assise sur un stock énorme de charbon
    3 – Là, c’est beaucoup plus compliqué. La Chine est l’usine du monde et ça n’est pas près de changer. On peut imaginer que les usines les plus polluantes filtrent leurs fumées, mais bon …

    Enfin j’imagine qu’étant le genre d’info un rien sensible ça n’est pas évident d’y avoir accès. Durant les pics de pollution aux particules à Paris il y a peu, on entendait régulièrement que 50% de ces particules étaient la faute des méchants Allemands avec leurs centrales à charbon avant que Airparif finisse par démentir catégoriquement et de réaffirmer que la cause numéro un, c’était les véhicules diesels (et donc pas mon vélo ;-) !!).

    • Sirhom 6 avril 2014 à 13 h 23 min #

      Salut Laurent,
      l’hiver, je ne conseillerai à personne de venir. Si tu veux passer nous voir, là maintenant, c’est un des meilleurs moments:)
      On s’est régalés aujourd’hui, c’est vraiment un autre endroit quand vient le beau temps. De la verdure, le parfum des grillades, on a encore fini chez le coréen:)

      La cause principale, j’ai tendance à croire que c’est la production électrique. Quand les chauffages d’État et particuliers s’arrêtent en mars, on sent vraiment la différence.

      1-Niveau circulation, les autorités ont assez vite réagi. Les transports en communs ne coutent plus rien. 16 lignes de métro, un millier de lignes de bus, ça va être difficile d’en rajouter. Beaucoup de véhicules électriques, mais au fond, c’est du charbon. En été, reste toujours la pollution des véhicules privés, ce qui n’est pas rien.

      2-Les plans sont dans les cartons, on va voir ce que ça donne.

      3-Effectivement là c’est touffu, tout le monde a des billes dans cette affaire. Quand on considère que l’ambition de la Chine, c’est de passer de premier sous-traitant mondial, à celui de premier producteur, ajouté aux enjeux sociaux et environnementaux… on se dit qu’il ont du pain sur la planche.

      J’ai encore vu la presse française titrer « le déni chinois ». C’est pas mal à coté de la plaque. La presse officielle communiste traite le sujet abondamment. L’info est orientée, les chiffres arrangeants – comme partout, mais le sujet n’est ni secret, ni tabou.

  11. Emmanuel @Découvre le monde 12 avril 2014 à 4 h 01 min #

    C’est quand même incroyable toute cette pollution. Cela fait la une partout même ici en Australie.

    J’ai vu hier qu’un chinois à vendu de l’air des montagnes françaises dans un bocal pour plus de 600$ le bocal…

    • Sirhom 12 avril 2014 à 22 h 38 min #

      Salut Emmanuel,
      tu as sans doute entendu parler du business Chen Guangbiao. Le gars – un milliardaire – aurait dit-on fait pas mal d’argent en vendant des canettes d’air frais. Le rêve à portée du poumon, pour moins d’un euro !

  12. Marc 5 mai 2014 à 15 h 02 min #

    Ca fait un peu peur quand même je ne sais pas trop si j’oserai partir là-bas en sachant les dangers..

  13. Olivier 27 août 2014 à 12 h 01 min #

    Bonjour Anthony,

    D’abord, super cet article , le ton , la fraicheur… je viens de découvrir aussi ton blog par la même occasion.

    Concernant la pollution, je ne veux pas faire le vieux « con », mais cela a toujours été cela. J’ai eu cette immense chance de venir avant les JO de Pékin, et là c’était « Rush », des nuages jaunes où on ne voyait pas à 5mètres c’était fréquent.
    C’est vrai que pour les JO, les autorités chinoises ont fait un travail titanesque, puis petit à petit retour à la normal.
    Maintenant les chinois gueulent un peu plus mais cela reste la même chose.

    Je souffre de la pollution de Shanghai, particules moins grosses mais je ne connais pas la composition chimique cela me bouche le nez et provoque des maux de tête.

    Quand je vais à Pékin, c’est plus « gris », mais mon nez se débouche bizarrement.

    Voilà pour la petite info.

    tu es sur Pékin pour encore combien de temps ?

    Olivier

    • Anthony Anicet 1 septembre 2014 à 21 h 51 min #

      Salut Olivier,

      je sais pas si ça a toujours été comme ça, mais c’est clair que ça bouge pas vite.
      Content de savoir que c’est nous qu’on a le plus beau smog:)
      C’est un peu notre fierté locale !
      Mais gare aux particules fines, c’est les plus méchantes, on peut pas les filtrer…

      Sinon dis-moi, ça fait pas plusieurs fois que tu découvres mon blog toi ?

  14. Maë vagabonde 12 septembre 2014 à 13 h 03 min #

    Salut!

    Je reviens de justement un peu plus de trois mois passé en Chine. J’étais à Chongqing, une province du Sichuan, et nous étions particulièrement touché aussi par la pollution. En trois mois passés là bas, j’ai du voir le soleil environ trois fois tellement le smog était épais. J’ai par contré été agréablement surprise à mon arrivée à Pékin. J’ai eu la chance d’enfin voir un ciel bleu!
    En ce qui concernent les masques par contre, alors peut être ai-je été mal renseignée, mais en demandant aux chinois à quoi servaient ces masques, si c’était effectivement pour la pollution, tous me répondaient que c’était parce qu’ils étaient certainement malade et qu’il est mal vu de « partager » ses microbes et portaient ainsi ce masque. La plupart du temps, ils n’étaient pas personnalisés, simplement blanc. Je me demande donc si ce n’est donc pas principalement à Pékin et dans les villes où les pics de pollution sont les plus forts que nous retrouvons ce genre de masque utilisés pour lutter contre la pollution.

  15. Sirhom 19 septembre 2014 à 6 h 37 min #

    Salut Maë,
    j’ai déjà eu vent de cette version du masque chinois et j’avoue ne pas trop y croire. Parce qu’ici à Pékin je n’ai jamais vu ça. Les japonais le font, j’ai eu l’occasion de le constater. Mais dans le pékinois, on se crache volontiers dessus, et toute l’année. On partage à donf !
    Après, comme tu le notes, y’a une différence entre le masque jetable qu’on trouve en pharmacie, et le gros à gaz de l’armée russe, ça présente forcement pas pareil…

    • Maë vagabonde 20 septembre 2014 à 10 h 13 min #

      Salut Sirhom,
      C’est vrai qu’on se crache beaucoup dessus, mais c’est un peu tout le paradoxe de la culture chinoise qui m’a laissée… dubitative. Il y a eu donc cette histoire de masque où l’on ne partage pas ses microbes mais on crache partout ou encore le « respect des aînés ». J’ai eu la sensation que les chinois ont u profond respect pour leurs aînés, je dis bien LEURS, ceux de leur famille. Car dans le métro de Chongqing, les personnes agées peuvent aller se brosser pour avoir une place assise… J’ai donc ressenti la Chine comme remplie de paradoxes, ce qui a d’ailleurs fait l’objet d’un article sur mon blog.
      As-tu ressenti la même chose?

    • Sirhom 23 septembre 2014 à 10 h 50 min #

      Re Maë,
      oui évidemment, il y a des contradictions ici et là, de notre point de vue d’occidental. L’intéressant je trouve, c’est d’arriver à pointer les nôtres en retour:)

      C’es vrai que dans le métro les vieux peuvent crever debout la gueule ouverte, les places c’est pour les enfants ou les femmes enceintes. Il y a bien un conflit entre deux époques, deux morales générationnelles. Puis dans les transports, les règles deviennent assez barbares, alors que le reste du temps, les chinois sont plutôt souples et patients. J’ai écrit un truc là dessus moi aussi:)

  16. Maë vagabonde 24 septembre 2014 à 10 h 29 min #

    C’est ce paradoxe qui m’avait particulièrement marqué. Je vais aller jeter un coup d’oeil à ton article du coup! :)

  17. nelly 15 juillet 2015 à 2 h 56 min #

    et un an apres, ct est la situation?

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