Je préfère prévenir mon honorable lecteur :

En tant qu’habitant de Bangkok, résidant VIP thaï, cet article risque de ne pas être trop trop honnête… voire même vaguement orienté…

Charles Dereeper portraitUne fois cette précaution prise, je vais vous parler de Bangkok et ses 16 millions de visiteurs avec des revenus estimés de 15 milliards USD par an… Bangkok est l’une des destinations phares dans le monde en nombre de visiteurs internationaux.

A Bangkok, ce qui frappe en premier

Ce sont les odeurs, le chaos d’une croissance urbaine trop rapide, les tours qui poussent de tous les côtés, la chaleur tropicale modérée et stable toute l’année sauf en avril et mai où les températures grimpent un peu trop et l’explosion d’énergie douce partout.

On est très très loin de la sale ambiance française.

Même si la politique thaïlandaise est une apothéose de paradoxes, la vérité est que dans la vie au quotidien, loin des hautes sphères, on ressent une harmonie. Pas partout en Thaïlande. Mais quand on connait bien les bons endroits, on se calme tout seul au contact du pays.

Je n’ai jamais été au Japon, mais je parie que j’y trouverais la même sensation. Je n’ai jamais ressenti cela en France, même en Bretagne que j’aimais mais… la bretagne a un climat de merde et reste un assemblage de retraités et de fonctionnaires faisant vivre quelques rares jeunes… (euh Nantes, c’est pas la Bretagne, je vous vois venir…)

J’ai pas mal voyagé depuis 10 ans même si je connais des voyageurs hardcore capables de remplir 2 passeports entiers et parfois 3 par décennie qui ont une expérience du monde que je n’ai pas.

Ce que j’ai vu, ce sont des villes de business, totalement énervées et frénétiques, usantes même, genre Londres, New York, Tokyo (pas vu), Singapour, Hong Kong, Los Angeles. Et des villes qui rayonnent culturellement type Paris ou Berlin…

Mais je n’ai jamais vu une autre ville sur terre dédiée à la torpeur, le bien être, la douce vie peinard sans prise de tête, la fête, la bouffe, la détente relax, la luxure…

thai-massage-bangkok

Thaï massage à Bangkok

Bangkok est unique sur terre sans aucune hésitation

Aucune autre ville au monde de 10 millions d’habitants, offrant tout le confort occidental le plus technique, n’est centrée sur l’argent en position numéro 2. En position 1 à Bangkok, c’est vivre. Partout ailleurs, le boulot et l’argent obsèdent les gens.

Dans les rues, marchent en permanence des humains qui viennent des 4 coins du monde. On entend à peu près toutes les langues à chaque instant, ce qui donne une sensation unique de connexion au monde. C’est une gigantesque ruche, une énorme machine à accueillir les gens qui se retrouvent tous avec le sourire en seulement quelques heures.

Je me souviens d’un policier français copain d’un ami (qui chassait les trafiquants de drogue) qu’on avait accueilli et sorti sur notre territoire. Le gars était au départ fermé, genre un mur de banque suisse… méchamment stressé. 4 jours plus tard, Bangkok l’avait fait craquer et l’avait ouvert. Son visage était transformé.

Médical le truc. Ca soigne n’importe quel mec !

Massage-Thaï dessin Toy

L’Occident est malade de son mode de vie. La consommation d’objets n’a jamais rendu heureux. L’humain est une machine à contacts, pas à acheter et posséder…

Dans mon quartier, Sukhumvit, qui est peu recommandable pour les catho bibreronnés depuis leur enfance à la réthorique merdique de notre chère église, on vit 21h par jour. On mange dans les rues sauf entre 3 et 6h du matin. Cela ne s’arrête presque jamais. 7 jours sur 7, 12 mois sur 12. Ca pulse grave (et encore, les militaires ont calmé le jeu depuis qu’ils sont au pouvoir).

Il est très dur de ne pas se laisser embarquer et perdre le contrôle devant le déferlement de sensations et de liberté qu’on expérimente, comme les petits verres vers 21h00 au Lebua Hôtel au 65ème étage suspendu au dessus du vide…

10 millions de personnes illuminant la nuit tout autour…

Sky bar à Bangkok

Sky bar à Bangkok

Je me sens désormais seul très rapidement quand je suis loin de Sukhumvit

A Bangkok, on est tellement occupé à prendre du bon temps qu’on ne regarde presque jamais la TV.

Regarder la TV, c’est finalement triste et très solitaire, sans contact humain. Un film ou deux par mois maxi, les jours de pluie ou de fatigue physique. A comparer à la consommation quasi quotidienne en France de la TV.

A Bangkok, on peut manger 12 mois sur 12 un panel de fruits et de crudités qui laissera pantois même les plus exigeants des gourmets.

Les saveurs des produits sont extraordinaires. La diversité dans les étalages rend fou. Les Thaïlandais partagent avec les Français un amour fou pour la bonne bouffe bien présentée !

Ci dessous mon resto thaï favori soi 11, le suk 11, un resto tout en bois tropical dans une ruelle avec des petites maisons d’autrefois en style traditionnel, des plantes vertes partout, des petites mares avec des poissons à la japonaise, des petits ponts en bois pour marcher, des chats – tout ce que j’aime pour me sentir bien et me détendre.

Par moment, on se fait un délire et on commande à 4 une quizaine de plats. On dévore comme des ogres. Et la facture fait 50 € à la fin… L’expérience est aussi agréable que les sensations gustatives. On est là au milieu d’un jungle urbaine infinie de 10 millions de personnes, au milieu de nulle part, dans un pays différent de notre lieu de naissance, coupé du monde dans une sorte de petit cocon.

L’expérience de vie compte autant que ce qu’on achète en nourriture préparée.

Le restaurant Suk11

Le restaurant Suk 11

L’économie Thaïlandaise étant en pleine ascension

Les prix augmentent, mais tout reste incroyablement abordable pour un occidental.

Je loue un 400m² de très bonne qualité avec services pour 3.000 € par mois dans un des quartiers les plus agréables de Bangkok.

A Paris, un équivalent me coûterait au moins 20.000 € par mois, ce qui signifie 40.000 € brut de revenus par mois en intégrant les impôts pour pouvoir régler la facture.

40.000 € contre 3.000 €… je vous laisse réfléchir à la question mathématique… perso, si on rajoute qu’il me faut 10.000 € par mois pour financer mon train de vie avec le Costa Rica et l’équipe de tunisiens qui fait tourner mon site « ObjectifEco », cela me donne un plancher de 60.000 € de revenus mensuels mini pour obtenir un équivalent de ce que j’ai à Bangkok en étant en plus perçu à Paris comme une merde d’exploiteur trafiquant d’enfants capitaliste louche… ba je sais pas faire… ni les 60.000 € par mois ni accepter le regard jaloux refoulé et haineux des gochos.

On bénéficie donc d’un excellent cadre de vie, à la pointe en santé avec l’hôpital Burumdgrad au même niveau que les hôpitaux américains selon les ratings…

J’en profite pour tordre une fiction fortement ancrée en France qu’on a une super médecine unique au monde, c’est juste absurde. La médecine est un business privée et il est le même partout dans le monde quand on sort son carnet de chèque et qu’on est capable de payer la qualité.

… avec une sécurité des biens et des personnes, un énorme pouvoir d’achat, une relative quiétude au niveau des taxes, la mer, les plus beaux paysages du monde à portée d’une heure d’avion, une vie à l’ancienne dans les rues, la street life où les gens mangent, se connaissent, se saluent, donc une ambiance village d’autrefois dont on a perdu la trace à Paris.

Connaissez vous Railey Beach ?

Un petit apeçu des lieux

Un petit apeçu des lieux

Ou la baie de phang nga proche de Phuket ?

La Corse à côté, désolé, mes chers français, mais c’est du réchauffé au micro onde…

Louez un Speed Boat et traversez cette baie, vous arrêterez de parler pendant une heure devant un tel miracle de la nature, même en étant avec des potes énervés où chacun mesure la taille de son zizi.

Le spectacle est tellement grandiose qu’il calme tout le monde !

Phang Nga

Phang Nga

J’ai découvert Bangkok en juillet 2008

Je suis rentré en France totalement sonné. Le choc total. J’ai mis un mois à me remettre.

En fait, au final, je ne suis jamais vraiment rentré. Une partie de moi est restée en suspens là bas. J’y suis retourné un mois par an jusqu’à m’y installer définitivement après des zigzagues au Costa Rica pendant 4 ans.

Je sais que vivre à Bangkok est assez abstrait pour beaucoup de français, mais très franchement, si je dois écrire une phrase choc pour finir cet édito, ce sera :

Pour rien au monde, je ne quitterais Bangkok et la Thaïlande dans le but de réintégrer la France.

Pour rien au monde.

Je préfère prendre le risque de rendre mon passeport français… La France est incapable d’offrir un équivalent de qualité de vie à un coût en plus décent.

Et puis dans le fond, pourquoi tourner autour du pot plus longtemps et ne pas admettre la subjectivité que je vous ai annoncé au départ de cet édito : la vérité est que j’aime Bangkok comme je n’ai jamais aimé aucun autre endroit.

Je comprends qu’on puisse aimer une ville en France tout particulièrement, mais je ne comprends pas qu’on ne joue pas avant au jeu des comparaisons pour voir ce qu’il y a sur le marché (mondial) de disponible… avant de choisir définitivement !

Charles Dereeper
 
 

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