Mais avant tout, qu’est-ce qu’un lâche en voyage ?

Sans parler de cette couardise quotidienne, je qualifierai de « voyageur lâche » celui qui évite tout ce qui ne rentre pas dans ses « standards de pays civilisé » et qui n’ose pas les nouvelles expériences.

Dessin voyageurs cuisant dans une marmite

Si vous êtes peureux dans la vie courante vous le serez fatalement en voyage. Mais rien n’est perdu ! Peut-être réussirez-vous à changer en suivant ma thérapie de fin.

Vous n’êtes pas de ceux-là ? En virée, il y a toujours une raison de se remettre en question. Lors d’un voyage, tout le monde est confronté un jour à sa propre lâcheté.

Nous sommes tous des lâches, surtout en voyage

Haydée et serpent géant, Iquitos Pérou

Pas de risque, il est gavé !

N’avez-vous jamais affiché de peur quelconque devant l’inconnu ? Parfois même avant de partir ?

Le tout est de savoir jusqu’à quel point vous êtes courageux. Il y a un monde entre un Mike Horn et le gros cul qui passe sa vie dans son hôtel 5 étoiles à Djerba.

Mettons de côté Mike l’aventurier que nous n’égalerons jamais. Je ne suis pas là pour vous transformer en conquistador.

Restreignons nos dégonflés à deux catégories :

Les presque-désespérés

Ce sont ceux qui exportent leur zone de confort avec eux et ne prendront de risques pour rien au monde.

  • Ils n’apprennent plus et font confiance uniquement à ce qu’ils connaissent
  • Ils refusent toute sorte de nouvelles expériences
  • Ils n’osent pas communiquer avec les locaux
  • Ils s’imposent un couvre-feu tous les soirs
  • Ils paniquent même quand un train est annulé !

Ça me fait penser à cette australienne rencontrée en Thaïlande qui m’expliquait qu’elle ne mangeait que des aliments sur-emballés et préférablement achetés au 7/11.

Et puis il y a…

Vous, moi, enfin Nous quoi !

Ceux qui n’ont pas peur de sortir de leur zone de confort. Qui oseront rencontrer les locaux, quitte à sortir des chemins balisés.

Une grande majorité des voyageurs en fin de compte.

Mais ce n’est pas parce que vous mangez dans les bouibouis de rue à n’importe quelle heure et que vous vous immergez dans la vie du pays que vous n’avez pas vos propres petites lâchetés.

Rue poussiéreuse Iquitos Pérou

Par ici vous pouvez manger dans la rue à toute heure – Iquitos, Pérou

En tant que nana, l’idée de visiter certains pays d’Afrique me fait peur. Ça fait un peu poltron mais c’est moins grave que l’agoraphobie et ça se travaille.

Alors pour savoir jusqu’à quel point vous êtes lâche en voyage et jusqu’à quel point vous êtes guérissable :

Comptez le nombre de choses que vous êtes capable de faire dans cette liste.

Ma liste anti-lâcheté en voyage

  • Aller dans des pays réputés dangereux, au Moyen Orient ou en Afrique, alors que vous rêvez d’en visiter certaines parties depuis longtemps.
  • Visiter des pays difficiles à vivre comme l’Inde. Pour moi c’est prévu dans un futur proche.
  • Faire au moins trois sports et activités extrêmes. Vous avez l’embarras du choix : Parachute, deltaplane, saut à l’élastique, kit-surf, alpinisme, plongée sous-marine, etc…
  • Prendre une photo interdite dans les bars à fille thaïlandais. Au final on s’est fait virer dans la seconde. Par contre soyez lâche en cachant votre appareil photo dans les coins réputés chauds !
Bar à filles rue Patpong, Bangkok Thaïlande

Ils ont même voulu nous faire effacer la photo ! Ils sont fou ces Thaïs. :)

  • Sortir de son hôtel après minuit et rencontrer la faune locale. En Colombie, je me suis faite embarquer par un couple pour la tournée de soirées de Bogotá, jusque dans les quartiers chauds, moment inoubliable !
  • Oser marchander les prix. Peu de gens sont vraiment enclin à le faire. Sans me vanter je marchande systématiquement, et il m’arrive encore de me faire arnaquer.
  • Proposer aux locaux de discuter et pourquoi pas faire des activités avec vous. Ça a l’air évident ? Combien de voyageurs restent dans leur coin lors de leur périple. Personne n’intègre un inconnu étranger dans sa bulle parce qu’il à l’air sympa. Vous le faites quand vous en voyez un en France ?
  • Partir à l’aventure dans des paysages magnifiques mais hostiles sans guide ni carte. Je me suis paumée comme ça, en cherchant en vain une grotte préhistorique péruvienne.
Chemin vers grotte de Quiocta, Pérou

Je cherche la grotte de Quiocta au Pérou. C’est par là vous croyez ? Aller je tente !

  • Faire une petite dégustation des produits locaux dans les pires endroits où hygiène et qualité manquent à l’appel. J’ai le souvenir du seul restaurant  d’un village paumé, chez l’habitant, toujours au Pérou. Il proposait une soupe plus que louche – sans jeu de mots – et quand tu as faim, tu manges !

Ce qui nous amène à la série des mets raffinés :

  1. Manger des insectes en Thaïlande, c’est fait. Ce n’est pas mauvais du tout, sauf quand c’est un scorpion trop frit.
    Oeuf centenaire

    Oeuf centenaire d’Asie

  2. Gober un œuf de canne centenaire. J’ai testé à Paris. Les supermarchés asiatiques de Belleville en vendent. Avec l’âge, le blanc devient translucide et le jaune devient vert foncé. Très fort en goût, c’est un peu le roquefort chinois mais j’adore.
  3. Boire du sang de serpent au Vietnam. Dans un restaurant de Mui né, vous le buvez cul sec mélangé à un verre de vodka pendant la préparation de votre serpent.
  4. Manger des tarentules frites au Cambodge. Je ne sais pas si ma bravoure ira jusqu’à les manger crues comme certains indiens d’Amazonie.
  5. Manger des escargots rebute plus d’un étranger. Et vous ? Pour moi le seul problème c’est le beurre liquide. Je vois le mot « cellulite » briller dans le jus !

Quelle thérapie pour les lâches

Affrontez vos peurs profondes

En vivant certaines de mes peurs j’ai réussi à les dompter. Des actions impensables pour moi hier m’apparaissent naturelles aujourd’hui. Et je m’entends dire :

J’admire ton courage ! Mais tu sais, moi je ne pourrais pas faire comme toi.

Je ne suis pas la dame de fer non plus ;)

L’important est de ne pas se laisser dominer par la peur, et pas seulement dans le voyage mais de manière générale.

Je ne vous dis pas non plus de vous mettre en danger exprès. Osez juste ce que vous ne feriez pas habituellement, provoquez ! Et vous saurez gérer votre lâcheté.

Sachez éviter d’obscurcir votre esprit avec la panique

Dessin Homme agressé

Dans ce genre de cas, avoir les notions de base de self contrôle vous donne une assurance qui vous aidera à prendre les bonnes décisions.

Lors de mon agression au Pérou, je n’ai pas hésité à m’enfuir en hurlant au milieu de la rue. C’est ce qu’il y avait de mieux à faire.

Quand je sens monter cette panique, je me répète cette phrase plusieurs fois, jusqu’à focaliser mon attention dessus.

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit.
La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale.
J’affronterai ma peur.
Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien.
Rien que moi.

Merci Frank Herbert, ça m’aide à me sentir moins lâche.

Et maintenant dites moi ce que contient votre liste ! Et qu’avez-vous osé faire pendant vos voyages ?

Haydée Bouscasse

 

 

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