Passer tes vacances dans un autre pays est assez simple… Mais qu’en est-il lorsque tu pars vivre à l’étranger ?

Quelles sont les choses les plus difficiles à gérer pour les expatriés (et les nomades digitaux) ?

Voilà maintenant 9 ans que je voyage non-stop dans le monde entier tout en travaillant.

Avant cela, j’ai expérimenté deux voyages de plus d’un an à l’étranger (en Espagne et en Angleterre).

Et je me suis retrouvée confrontée à un paquet de difficultés.

C’est le constat de ces expériences que je partage ici avec toi.

Alors, quelles sont ces 10 choses les plus difficiles ?

Ma réponse…

1. La source de revenus pour vivre à l’étranger

Eh oui, c’est LA chose la plus difficile lorsque tu souhaites vivre à l’étranger sur le long terme !

Bon, je vais sûrement avoir des réflexions du style :

« Bah moi, j’ai un boulot là-bas. C’est d’ailleurs pour cela que je suis parti. »

OK, je comprends.

Dans ce cas, tu peux passer direct à la partie suivante.

Quoique… tu cherches peut-être à gagner ton indépendance professionnelle aussi. ;)

Mais je m’adresse avant tout à celui qui veut vivre en nomade digital (normal, c’est l’un des sujets de mon blog)…

Ou à celui qui souhaite s’installer dans le pays de ses rêves sans avoir besoin de dénicher un boulot local.

Car, soyons honnêtes :

Ce ne sont pas tes économies qui te permettront de vivre à l’étranger pendant de longues années.

Et quand bien même tu penserais à trouver un boulot sur place : « pays de tes rêves » rime souvent avec « pays exotique ». Et ceux d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique latine ne brillent pas par leurs salaires mirobolants.

Alors, quelle solution te reste-t-il ?

Simple : lancer ton propre business – et de préférence en ligne si tu souhaites bouger régulièrement.

Perso, j’ai pas mal galéré avant de trouver les activités capables de financer mon mode de vie nomade sur le long terme.

Tu as besoin d’inspiration pour financer ta vie à l’étranger ?

Alors, ne cherche plus.

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Cela pourrait aussi t’éviter de finir comme un punk à chien qui fait la manche dans une station balnéaire d’Asie du Sud-Est.

Héhé ! Je sais, je pousse le bouchon un peu loin… mais j’en ai connu.

2. La maîtrise de la langue pour vivre à l’étranger

Là encore, je sais de quoi je parle.

Car, en ce moment, j’habite en Serbie ! :)

Ouais… nous sommes loin de la facilité du pays anglo-saxon.

Mais même dans ce cas, il faut être un minimum habile pour rencontrer du monde, entamer une conversation et lier une amitié. Sans parler de développer une relation amoureuse.

Tu es bilingue ?

Parfais, mais il subsistera toujours une barrière à la communication.

Rien que le fait d’avoir un accent te cataloguera comme éternel « étranger ».

Un exemple flagrant :

Ma mère est Irlandaise.

Photo de ma maman Irlandaise

Elle a beau vivre en France depuis plusieurs décennies, sa manière d’être et son accent font toujours d’elle une bête curieuse aux yeux des locaux.

Bref, il leur faut toujours un temps d’adaptation avant de comprendre que ma maman est aussi locale qu’eux !

Et puis, il y a le problème inverse :

À force de ne plus pratiquer ta propre langue, tu finis par perdre un peu de vocabulaire…

3. Le système légal

En tant que citoyen français tu es habitué à ton système.

Tu auras tendance à penser que les lois auxquelles tu obéis d’instinct coulent de source ailleurs.

Mais ne t’y fie pas trop…

Des exemples :

Au Laos, ne te risque pas à fumer de la marijuana dans la rue, ou c’est la peine de mort en vue ! Nous sommes loin de la petite infraction française sans grosses conséquences.

À Hanoï, le Code de la route parait inexistant malgré les nombreux panneaux de signalisation. Alors, gaffe à ne pas trop leur faire confiance quand tu traverses la rue.

Le chaos d'une rue de Hanoï entre les scooters et les piétons.

Et que penser du Pérou, où il semble que les prérogatives de la police sont plus en faveur du bandit que de l’agressé. Dans certains pays, il vaut mieux te méfier de la corruption qui gangrène le système légal.

Mais je pense que le pire reste l’obtention du visa.

Pas le visa touriste, hein… Tant que tu ne restes que 3 mois (ou 6 selon le pays), tout va bien.

Non, je parle du visa long séjour. Sans rentrer dans de grandes explications, sache que quand tu tenteras d’en obtenir un, tu commenceras un long parcours administratif du combattant – et dans une autre langue !

Pour l’avoir vécu avec nos visas business en Serbie, je peux t’assurer que c’est le genre de choses qui t’assomme. Sans parler des démarches d’expatriation au niveau français en amont…

Bref, l’adaptation au système légal prend du temps et peut réserver quelques mauvaises surprises.

4. La liberté d’expression

Parfois, il vaut mieux se taire lorsqu’on parle politique ou religion.

Des exemples :

Dans certains coins d’Amérique latine, la laïcité existe, mais rencontre de fortes résistances au niveau social, culturel ou traditionnel.

Si ton speech n’est pas acceptable pour les « standards chrétiens », n’espère pas que les locaux prennent ta défense.

En Thaïlande : ne t’avise pas de dire trop de mal de la famille royale ou il t’en coûtera quelques années de prison. Cela peut aller jusqu’à 8 ans !

Fresque du couple royal thaïlandais dans la rue.

Enfin, lorsque nous avons vécu en Albanie, beaucoup d’Albanais crachaient sur les Serbes. N’essaye même pas de leur expliquer qu’il y a des cons et de gens biens dans chaque pays… ou tu finiras par te les mettre à dos.

5. L’alimentation

Ta blanquette de veau et ton camembert qui pue te manquent ?

Tu m’étonnes !

Tu me dire ce que tu veux, mais la bouffe française te manquera tôt ou tard.

Lors de mon voyage en Angleterre, mes 2 colloques espagnols ont profité d’un Noël au pays pour ramener 15 kg chacun de charcuteries et d’autres délices hispaniques histoire de tenir les 6 derniers mois de notre année d’étude !

Parfois, tu crois tomber sur un mets familier, mais la désillusion est souvent au rendez-vous.

Prends les viennoiseries françaises : souvent imitées, pratiquement jamais égalées. Même les pâtisseries orientales parisiennes ne réussissent pas vraiment à reproduire notre bon pain.

Et je ne te fais pas de dessin quand tu te retrouves dans un pays musulman : oublie ton jambon !

Bon, après il faut voir le bon côté de la chose. Il y a des pays où tu manges aussi bien qu’en France – voire mieux (surtout en Asie). ;)

Haydée devant un stand de mets asiatiques impressionnant.

Et à force de connaitre les bons plans, tu pourras même dégotter quelques produits français n’importe où.

Par exemple, nous avons trouvé notre fromager en Serbie. Youpi !

6. La sécurité

Prétendre te sentir à l’aise dans toutes les situations à l’étranger serait présomptueux – même dans un pays développé.

Car sans vouloir dramatiser, le crime et la violence sont présents partout.

Nous y avons eu droit quelques fois avec Tony.

Notamment à la frontière entre l’Équateur et le Pérou où il a dû se battre contre ses agresseurs pour sauver une partie de ses affaires.

Il a fini avec une belle cicatrice occasionnée par un coup de machette. Et vu la détermination des voleurs, il ne s’en est pas si mal sorti :

Les cicatrices de Tony après son coup de machette.

Au Mexique et en Colombie aussi, nous avons entendu beaucoup d’histoires. Mais, nous avons toujours évité le pire de notre côté. Et ce n’est pas faute d’être sortis des sentiers battus !

Pourquoi ?

Sûrement parce que nous parlons espagnol couramment. Je ne compte plus le nombre de fois où les (gentils) locaux nous ont prévenus d’un guet-apens…

Bref, tu devras te limiter à ton bon sens en ne trainant pas n’importe où la nuit – tout comme dans certains quartiers français, tu me diras.

Et tu auras raison !

7. L’arnaque

Un grand classique.

Ça, nous l’avons vécu partout !

  • Pour nos logements
  • Dans les restos
  • Dans les marchés
  • Dans les magasins

Et c’est plutôt naturel. Surtout dans un pays moins riche que celui d’où tu viens.

Cela me rappelle une petite anecdote…

Au Portugal, nous avons hébergé un groupe d’Allemands dans notre appartement de Portimão. Des Compagnons du Devoir en plein tour d’Europe pour leur apprentissage.

Haydée avec deux Compagnons du Devoir au Portugal.

Ils ont beau être Allemands, tu t’imagines bien qu’ils ne roulent pas sur l’or.

Cela ne les a pas empêchés de se faire arnaquer plusieurs fois sur le prix de leurs hébergements. Au point de finir par dormir dehors…

Autant te dire qu’ils étaient heureux de profiter de notre salon. Même à 6 dans le canapé-lit, haha !

Bref, s’il y a bien une chose difficile lorsque tu pars vivre à l’étranger, c’est d’être pris régulièrement pour un porte-monnaie ambulant à détrousser.

Quand tu pars 2 semaines en Thaïlande et que tu te fais assaisonner au niveau des prix à Kaoh San Road, je comprends…

Mais même après une longue période, tu resteras une belle proie pour les plus malins.

Comme ce restaurateur vietnamien qui n’a pas lâché prise pour nous facturer ses plats le double par rapport à ses habitués – alors que ceux-ci étaient nos potes et parlaient couramment le vietnamien !

La solution ?

Négocier, négocier, négocier… et ne rien lâcher.

Et au fil du temps, tu trouveras les bons coins. Ceux où ne vont pas les touristes. Mais même dans ce cas, la vigilance reste de mise.

Car pour certains, tu resteras l’étranger…

8. Tu restes l’étranger de service

Quoique tu fasses pour rentrer dans le moule – et même en y parvenant – tu te sentiras toujours comme l’étranger du coin (ou en tout cas, longtemps).

Bon, surtout quand la différence physique est flagrante, je te l’accorde. Être blanc en Afrique ou en Asie attirera fatalement le regard des locaux sur toi.

Deux jeunes Vietnamiens qui nous dévisagent.

Comment interpréter les réactions des autres et ce qu’ils se disent une fois que tu as le dos tourné ? Quelle idée peuvent-ils bien se faire de toi ?

Essaye d’imaginer les tiennes face aux étrangers venant dans ton pays. ;)

Mais c’est aussi le cas entre Caucasiens…

Même après plus d’un an dans la même ville serbe, les gens qui nous croisent nous disent encore :

« Dobar dan francuski ! » > « Bonjour français ! »

Et il suffit que les mœurs ou les religions soient vraiment différentes pour creuser un fossé difficile à combler.

Enfin, que dire des relations plus profondes ?

Par exemple, j’ai eu plusieurs petits amis dans différents pays européens. Certes, nous nous parlions anglais quand la barrière de nos langues respectives était trop grande (genre allemand et français).

Mais j’étais toujours considérée comme l’étrangère « de passage » aux yeux de leurs proches. Quand ce n’était pas mon propre mec qui me voyait ainsi…

Penses-y : comment vois-tu la femme que ton pote a ramenée de Thaïlande ? Quand bien même ils sont mariés et qu’elle vit en France depuis plusieurs années.

Oui… les clichés ont la peau dure. Et celui de l’étranger de service ne fait pas exception.

9. Le mal du pays

Que ce soit tes proches, ton sport préféré ou tes petites habitudes bien de chez toi, toutes ces choses brilleront par leur absence dans les moments difficiles.

Et tu te surprendras parfois à regretter ton pays.

C’est légitime.

Je l’ai souvent vécu en Argentine. Sûrement parce que c’était ma première expatriation hors d’Europe, et que je suis partie seule.

Je n’étais pourtant pas à plaindre, car j’ai découvert un pays magnifique, et je me suis fait plein d’amis.

Haydée avec tous ses amis d'Argentine.

Mais que veux-tu… nous sommes programmés ainsi.

Ajoute à cela que vivre à l’étranger te déconnecte de tes coutumes, et tu ressentiras fatalement un manque de temps en temps.

Surtout lors de jours comme Noël, Pâques ou l’épiphanie que l’on ne fête pas dans tous les pays.

Toutes ces petites traditions que tu avais l’habitude de passer en famille disparaissent.

Après, elles seront remplacées par les fêtes locales. Alors, haut les cœurs ! :)

10. Vivre à l’étranger est une expérience est ineffable

La dernière chose la plus difficile est… le retour au bercail !

Bizarre ?

Pas tant que ça.

Toutes les personnes qui ont vécu une expatriation ont sûrement expérimenté le sentiment suivant…

Lorsque tu reviendras en France, tu tenteras d’expliquer à ta famille et à tes amis à quel point vivre à l’étranger est synonyme d’ouverture d’esprit :

  • Le choc culturel t’offre de points de comparaison entre ton pays d’accueil et ton pays d’origine.
  • Tu acquiers de nouvelles références qui te permettent de faire une analyse critique des forces et faiblesses de ton pays.
  • T’adapter à un mode de vie différent t’apprend à penser autrement et à relativiser certaines choses… ou inversement.

N’essaye pas de faire comprendre cela à une personne qui n’a jamais vécu d’expériences similaires. Elle ne te comprendra pas…

Enfin, pas vraiment – même si elle essaye.

Comme, par exemple, le fait d’accepter que les normes d’hygiène puissent être différentes ailleurs, ou inexistantes…

Étal de viande à l'arrache au marché de Phan Thiết.

Nous sommes loin des normes HACCP

…sans pour autant choquer les gens.

Et tu en ressentiras parfois une frustration. Voire un certain isolement. Comme si tu avais expérimenté quelque chose d’unique qui n’est tout simplement pas racontable.

Montrer tes photos ou raconter toutes les anecdotes du monde n’y changera rien.

Mais avec le temps, ce sentiment de frustration prendra une autre forme. Tu comprendras que ces expériences sont un trésor que tu as entre les mains.

Le tout est de ne pas jouer d’arrogance face aux personnes qui ne comprennent pas cela.

Voilà.

J’aurais pu te lister d’autres difficultés liées au nomadisme digital…

Comme le fait de ne rien pouvoir posséder à moyen terme, les galères de la connexion internet, et bien d’autres déboires que je détaille dans cet article.

Mais je t’assure que malgré toutes ces choses difficiles, je ne regrette pas mon mode vie, bien au contraire !

Pour finir voici un petit témoigne qui n’engage que son auteur :

Michel vit au Vietnam depuis plus de 20 ans

Michel et l'une de ses amies du Vietnam.

20 ans de vie à l’étranger, ça marque !

Michel y va de ses commentaires et nous parle de ses propres difficultés :

« J’ai déjà peiné à me réadapter en France. »

« J’ai du mal à rencontrer des Français à l’étranger. J’ai fini par les éviter à cause de leur arrogance et de leur mauvaise réputation – au point de ne plus avoir envie de copiner avec les bons ! »
« Les pires sont les expatriés. J’ai connu un couple de boulangers qui a lancé son business à Riad. Ils considéraient qu’ils n’avaient pas à se mélanger à la population parce qu’ils n’étaient pas du même milieu. »

« La crème du pire revient aux femmes d’expatriés. La plupart d’entre elles divorcent à leur retour au pays. Finis les cuisiniers, femmes de ménage, conducteurs privés et autres avantages. Les maris ne pouvant leur offrir le même standing de vie, elles en cherchent un nouveau ! »

« Les enfants d’expatriés changent régulièrement de villes, d’écoles, et donc de camarades. Certains peuvent en devenir insociables – voire asociales à force de perdre leurs amis trop souvent. Mais n’oublions pas qu’ils ont aussi la chance de s’adapter partout et de gagner en richesse d’esprit et en culture. »

Son conseil :

« Oubliez que vous êtes français, et acceptez les gens du pays tels qu’ils sont. Adaptez-vous et changez votre comportement en ayant le même que vos hôtes, vous vous habituerez. Vivre à l’étranger, en particulier dans les pays en voie de développement, est une expérience qui vous change profondément, et qui saura vous rendre humble ! »

Ou pas… j’ai envie de dire. ;)

Haydée