Télécharge gratuitement les 3 premiers chapitres de mon livre Tuto Micro. Le tutoriel ultime pour créer et gérer sa micro-entreprise en 2020. Tu sauras si ce régime est adapté à ta situation personnelle et comment en profiter pleinement avec ton statut actuel.

Quel est le point commun entre une voiture et une micro-entreprise ?

Ce sont tous deux des outils.

Et comme tout instrument, ils demandent des compétences.

Tu sais conduire : ta voiture t’emmènera à destination.

Tu sais piloter ton business : ta micro-entreprise t’apportera les revenus souhaités.

Et si tu te plantes, qui vas-tu remettre en cause ?

Toi ou ton outil ?

Cela me rappelle une petite anecdote.

Entassés avec des potes dans une Renault 5, nous filions sur la route d’Amsterdam pour fêter mon anniversaire.

Quand une Golf GTI noire aux vitres teintées nous prend en chasse :

  • Queues de poisson suivies de freinages ultras violents
  • Jets de bouteilles sur le parebrise
  • Têtes de tueurs nous sommant de nous arrêter

Des pirates de la route avec la ferme intention de nous dépouiller !

Véridique.

Devant une telle pression, notre conducteur panique et nous plante dans le fossé.

Imagine le chaos d’émotions après l’accident : heureux d’être encore en vie mais paniqués par l’arrivée des braqueurs.

Ce qui nous a sauvés ?

Deux Porsche 911 de la douane hollandaises ont surgi de nulle part pour faire déguerpir nos assaillants.

Ouf !

Porsche-Douane
Merci les gars !

Plus tard, notre conducteur nous dit :

« Saloperie de caisse ! C’est la dernière fois que je conduis une Renault 5 pour aller en Hollande. »

Ce à quoi j’ai répondu :

« Ah oui ? Parce que tu aurais fait mieux avec une Audi peut-être ? »

Bien sûr, je n’en veux pas à mon pote. Il n’est pas pilote de course et rien ne l’avait préparé à ces difficultés.

Mais à quoi bon incriminer sa voiture pour se dédouaner ?

Il n’avait simplement pas les points forts et les compétences nécessaires pour gérer la situation. Et il s’est mangé le fossé.

Où je veux en venir avec la micro-entreprise ?

Eh bien, c’est exactement le même schéma.

Lorsqu’un freelance me dit :

« C’est à cause de la micro-entreprise que je me suis planté ! »

J’ai envie de lui rétorquer :

« Ah bon ? Parce que tu aurais fait mieux avec un autre statut peut-être ?  Et si c’était plutôt la gestion de ton activité qui avait péché ? »

Mais comme pour mon pote, je ne lui jette pas la pierre. Il ne s’est tout simplement pas formé au business.

Un exemple concret ?

Micro-entrepreneur et Freelance : l’amalgame de Josette

En 2016, Josette perd son emploi et ne touche pas d’indemnités de chômage.

N’ayant « pas le temps de chercher un nouveau travail avec les méthodes classiques », elle décide de devenir micro-entrepreneuse. « Un peu par dépit et beaucoup par nécessité. » (Dixit Josette).

Mais au bout de 2 ans, elle abandonne.

La raison de son échec ?

Pour elle, c’est la faute du régime micro.

Micro-entreprise-m-a-tuer

Écœurée par sa mauvaise expérience, Josette en fait un bouquin aussitôt repris par les médias influents en mal de polémique.

Je n’ai rien contre la polémique… si elle ne colporte pas trop de conneries.

Mais là, son récit en est truffé.

Elle y incrimine le régime micro à coup de raccourcis. Allant même jusqu’à parler d’arnaque.

J’ai donc décidé de rétablir les faits dans un premier article : Micro-entreprise : enfer ou opportunité ? La réalité sans filtre.

Certes, je ne suis pas tendre avec Josette dans ce billet.

Et si tu l’as lu, tu me diras peut-être :

« Mais pourquoi en remettre une couche avec ce second article ? »

Parce que non contente d’incriminer à tort le régime dans son bouquin, Josette confond micro-entrepreneur et freelanceun amalgame assez courant.

C’est de cela dont je vais te parler aujourd’hui.

Et avec les punchlines de Josette en toile de fond, c’est tout de suite plus marrant.

Mais commençons par la base…

Qu’est-ce qu’une micro-entreprise ?

Non, ce n’est pas un statut juridique. Ni un métier.

C’est un RÉGIME fiscal propre au statut de l’Entreprise Individuelle (EI ou EIRL).

Traduction ?

Un micro est un entrepreneur individuel qui a choisi un régime simplifié pour gérer les parties fiscale et administrative de son entreprise.

Plutôt pratique lorsque tu travailles seul.

Pas besoin d’engager de comptable, ni de secrétaire. Et le peu de démarches à réaliser te permet de te focaliser sur ton activité.

Bref, c’est un excellent « outil » pour démarrer un business ou le gérer en parallèle de ton travail.

Bien sûr, un tel degré de facilité exige quelques contreparties.

La micro-entreprise n’est donc pas un régime miracle. Et elle comporte ses avantages et inconvénients. Comme n’importe quel statut…

Avantages-inconvénients-micro-entreprise

Une chose est sûre, beaucoup de freelances se lancent en micro-entrepreneur. Car le régime offre un compromis particulièrement intéressant.

Qu’est-ce qu’un freelance ?

Non, ce n’est toujours pas un statut juridique. Ni un métier.

Les mots « freelance » ou « travailleur indépendant » ne sont que des termes génériques employés par tout le monde pour parler d’une personne qui se met à son compte. Certains parlent également de « solo-preneur ».

Mais toutes ces appellations n’ont aucun poids juridique.

Tu veux quand même une définition précise ?

OK.

Le freelance est un professionnel exerçant son métier seul, en toute indépendance. Il n’est donc soumis à aucun lien de subordination envers ses clients. Il conclut avec eux des contrats de prestation de services dans lesquels il définit sa mission et la réalise sous sa propre responsabilité.

Comment devient-on freelance ?

En créant son entreprise pardi !

Et nous voilà revenus à ces fameux statuts juridiques qui officialisent la pratique de ton activité.

Oui, je sais… c’est la partie relou. Mais tu ne peux pas y couper.

Alors, pour t’aider à y voir plus clair, voici un tableau qui présente les différents statuts juridiques envisageables pour créer ton entreprise seul (en freelance, en indépendant ou en solo, selon le mot que tu préfères).

Statuts-juridiques-travailleur-indépendant

Comme tu peux le voir, le régime de la micro-entreprise n’est qu’un choix parmi d’autres qui s’offre au freelance pour lancer son business.

Ceci étant dit, revenons à notre mouton…

L’amalgame de Josette

Josette est une conseillère en communication indépendante.

Et qui dit freelance dit autonome dans :

  • La recherche et le choix de ses clients
  • Les modalités de ses contrats de mission
  • Les prestations qu’elle donne
  • L’organisation de son temps de travail
  • Le choix de son lieu de travail

Elle bénéficie donc de plus de flexibilité qu’un salarié.

Pour les entrepreneurs, tout cela rime avec liberté…

Une liberté qui n’a rien à voir avec la micro-entreprise. Car, souviens-toi : c’est un régime simplifié pour gérer les parties FISCALE et ADMINISTRATIVE de ton entreprise. Pas ton activité en tant que telle. Ni ton métier.

Pourtant, Josette nous assure que :

« Le micro-entrepreneur n’est pas libre !

  • Ni de ses horaires (il travaille 7 jours sur 7)
  • Ni de son activité (pour rester compétitif, il lui faut élargir son champ d’action jusqu’à l’absurde)
  • Ni de son rapport travail/rémunération (le client propose, le micro-entrepreneur dispose)

Le voilà l’amalgame !

Elle ne parle pas d’un problème lié à la micro-entreprise, mais de la gestion d’une activité en freelance (micro ou non).

Reprenons donc les arguments de Josette…

Le micro-entrepreneur travaille 7j/7 – 24h/24

Troll-mécontent

« Mon travail n’a jamais autant empiété sur ma vie privée.

Moi qui ne comptais pas mes heures en tant que salariée, là, je n’avais carrément plus d’horaires.

Je passais mes nuits à :

  • Me former dans l’urgence à l’informatique et aux tâches administratives
  • Préparer des dossiers
  • Établir des tableaux prévisionnels de trésorerie
  • M’inscrire sur des sites d’emploi improbables
  • Réécrire 100 fois mon profil LinkedIn afin qu’il colle aux attentes d’un employeur fantasmé, etc.

Avant, chez moi, je ne travaillais jamais entre 21 heures et minuit après avoir couché les enfants. Mais j’ai changé ! »

Cela s’appelle : la gestion autonome du temps, Josette.

Je t’accorde que lors des premiers mois, il faut être prêt à ne pas compter ses heures. Car tout est à faire, mais…

Il faut savoir déterminer ses priorités

Et dans ce domaine, tu sembles avoir un sérieux problème.

Certes, en tant qu’entrepreneur tu dois te former continuellement. Mais tu as tout intérêt à l’être dans tes domaines de prédilection avant même de lancer ton activité.

Je parle ici :

1. Des compétences informatiques dont tu as besoin.

2. De la connaissance de tes tâches administratives et comptables.

Formalités, déclarations, banques, assurances, fiscalité, facturation, comptabilité, cotisations et protection sociale, TVA… autant de domaines sur lesquels tu dois te renseigner en amont.

Je sais, cette partie n’est pas très alléchante…

Surtout si tu dois passer ta vie sur internet ou dans les administrations pour trouver les bonnes infos.

Mais sans ces connaissances, tu t’exposes aux doutes, aux erreurs, aux arnaques et aux mauvais choix qui peuvent te coûter cher !

C’est pour éviter toutes ces galères que j’ai créé Tuto Micro, le livre le plus complet qui enseigne comment créer et gérer sa micro-entreprise étape par étape.

Et comme je ne suis pas radine, j’offre les 3 premiers chapitres de Tuto Micro en téléchargement gratuit…

85 pages qui expliquent en détail :

▶ Quelles activités sont déconseillées ou exclues du régime – et pourquoi.

▶ Comment profiter à fond du régime micro cumulé à n’importe quel autre statut : salarié, fonctionnaire, sans-emploi, étudiant, retraité ou expatrié – tout en conservant ses acquis.

▶ Quelle nature d’activité choisir en fonction de son métier – ainsi que les principales obligations qui en découlent.

Un outil qui permet à tous les micro-entrepreneurs débutants (et confirmés) d’économiser des mois de recherche et des milliers d’euros.

3. Pour tes priorités, je parle également de ton métier !

Car tu ne te lances pas dans un taf que tu ne connais pas sur le bout des doigts (nous y reviendrons).

Ensuite…

Pourquoi un indépendant se plante-t-il souvent au début ?

Parce qu’il s’engage dans des tâches chronophages qui ne lui apportent que très peu de résultats.

Il y a des millions de manières de lancer son business et de faire son marketing.

Et comme la plupart des débutants, tu t’es vite retrouvée submergée par les choix infinis qui s’offraient à toi au démarrage de ton activité. Par exemple :

  • Créer ses pages pros sur tous les réseaux sociaux
  • S’inscrire sur des plateformes
  • Se créer des flyers et des cartes de visite
  • Créer un site ou un blog, etc.

En clair, tu as confondu tes grandes priorités avec les 99% de tâches et actions superflues que l’on doit écarter au départ. Quand bien même la majorité des articles du Net te conseillent de les faire.

Par exemple :

En quoi réécrire 100 fois ton profil LinkedIn t’apporte-t-il des clients ?

Comme tous les réseaux sociaux…

Haydée-réseaux-sociaux

Avec ce genre d’actions, tu flingues le temps précieux dont tu disposes et tu bosses H24 sans constater de résultats concrets… au risque d’abandonner.

Le but n’est pas de travailler comme une forcenée mais de te focaliser sur le 1% de tâches qui importent vraiment :

  1. Trouver et écouter tes futurs clients
  2. Les comprendre profondément
  3. Venir avec une solution pour les aider à résoudre leur problème.

Pour cela, tu dois t’adresser directement aux personnes ayant un besoin particulier dans ton domaine d’activité.

Et une fois que tu as obtenu tes premiers clients payants, tu utilises les recommandations et le bouche-à-oreille.

Voilà comment gérer ta stratégie marketing en freelance sans perdre de temps inutilement.

Tout le reste vient après.

Mais il y a autre chose…

La fausse idée de la liberté du freelance

Tu as beau gérer ton temps et tes priorités le mieux possible, si tu possèdes un tant soit peu de conscience professionnelle et que tu veux réussir, tu bosseras plus qu’un salarié !

Et tu ne passeras pas 100% de ton temps à bosser pour tes clients.

Par exemple, mon temps de travail se répartit ainsi :

  • 50% de travail effectif avec mes clients (dont certaines heures non facturées).
  • 30% de marketing (démarchage, propositions, devis, réponse aux mails, etc.).
  • 15% de « veille » (lectures diverses) et de formation continue (mises à niveau).
  • 5% de tâches administratives (dossiers, papiers, comptes et déclarations).
  • 10 à 20% de projets perso (écriture d’un livre, création d’une formation…).

Cela fait plus de 100% ?

Yes ! Tu as compris ! Voilà la différence avec un boulot à 35h/semaine. J’en enchaîne plutôt 40 ou 50 devant mon PC pendant mes grosses semaines.

Indépendant-au-travail

Et lorsque j’ai débuté, je culminais souvent à 60.

Est-ce que j’ai pour autant le sentiment d’avoir perdu ma liberté ?

NON !

Le freelancing m’apporte la liberté de choisir :

  • L’organisation de mes journées
  • Les missions pour lesquelles je veux travailler
  • Pour qui je veux travailler
  • Où et comment je veux travailler

Contrairement à ce que les salariés imaginent, la liberté de l’indépendant ne réside pas dans l’absence de règles, mais dans le fait de se les fixer soi-même.

Travailler à son compte c’est reconsidérer sa définition du mot : « Liberté ».

Si je désire faire un break sur un coup de tête pour profiter du beau temps qui pointe son nez, je le fais.

Et les jours suivants, je mettrai les bouchées doubles pour remplir mes obligations.

Bref, tant que tu sais faire la balance entre :

  • Ton nombre d’heures de TRAVAIL PRODUCTIF nécessaires pour rentrer dans tes objectifs.
  • Et l’octroi de temps libre indispensable à ta vie personnelle…

Tu fais ce que tu veux.

C’est cela être « son propre patron ».

Tu n’as su faire ni l’un ni l’autre, Josette. Et ce n’est pas la faute du régime de la micro-entreprise.

Le micro-entrepreneur est un slasher multiactivités forcé

Troll-déboussolé

« J’ai dû jongler entre 4, 5, voire 6 activités différentes pour parvenir à 1 600 € brut mensuels la première année !

Attachée de presse, rédactrice web, webmaster et éditrice, j’ai glissé vers la pluriactivité pour pouvoir m’en sortir.

Je me suis même improvisée chef de projet en déléguant certaines tâches pour honorer une grosse prestation complètement en dehors de mes compétentes.

Sans parler de devoir me vendre sur les réseaux sociaux tel un community manager pour attirer des clients.

On dit que les indépendants sont des hyperactifs proactifs. Moi je dis que ce sont de multitâches forcés… et mal payés. »

Une fois de plus tu manques cruellement de connaissances en business, Josette.

Tu as fait l’exact inverse de ce que tout bon indépendant doit faire.

Que le micro-entrepreneur soit un « slasher » dans le sens « multitâche » pour faire tourner son activité, je ne le conteste pas…

Mais surtout pas « multiactivités » !

Comprends-moi bien.

En tant qu’indépendante, je suis : copywriter/commerciale/secrétaire/comptable/service après-vente…

Mannequin-pour-blog
Et même mannequin de fortune pour mon blog.

Je suis donc bien multitâche pour tout ce qui me permet de faire tourner mon business seule.

Mais je suis avant tout copywriter. C’est mon métier. Et toutes mes offres sont spécialisées en copywriting.

C’est le principe même de la niche.

Tu ne vois pas de quoi je veux parler ?

Alors je te recommande en urgence mon article : Mieux se vendre en freelance grâce à une niche de marché rentable.

Et une fois que tu l’auras intégré, tu comprendras mieux mes questions suivantes :

Quel est ton cœur de métier ?

  • Rédactrice Web ?
  • Éditrice ?
  • Attachée de presse ?
  • Community manager ?
  • Webmaster ?

Si tu as créé 2 ou 3 sites WordPress dans ta vie, comment peux-tu prétendre être webmaster ?

Et quand bien même, combien vas-tu facturer la création d’un site internet sans te brader avec si peu d’expérience ?

Et si tu demandes un prix élevé, comment vas-tu satisfaire des clients qui exigent un service extrêmement qualifié en retour ?

Pour ma part, j’ai d’excellentes notions WordPress et j’ai déjà monté près d’une dizaine de sites (dont certains pour des clients). Mais j’ai vite compris que je ne vivrai jamais correctement d’une activité de webmaster sans l’expérience et les compétences suffisantes pour concurrencer la multitude de VRAIS spécialistes présents sur le marché.

Conclusion :

Si tu es aussi limitée avec tes 5 activités, tu t’es juste épuisée à :

  • Multiplier tes efforts par 5 pour un résultat médiocre dans chaque domaine.
  • Diluer ton message marketing par 5 pour ne résonner avec personne.
  • Multiplier par 5 de tous petits revenus pour atteindre un modeste 1 600 € brut/mois.

Pas très stratégique tout ça…

Alors, ne t’étonne pas de manger des patates à la fin du mois.

Quelle est ta niche ?

Tu dis travailler dans le domaine de l’édition (stratégie et politiques éditoriales) et de la communication (relations presse, communication digitale). Mais…

C’est très large. Trop large !

Rien que le terme « communication digitale » regroupe à lui seul une flopée d’activités.

Proposer un peu de tout à tout le monde a fait de toi une freelance sans valeur ajoutée, incapable d’attirer des clients qualifiés prêts à te payer décemment. Et encore moins encline à garder ceux qui se sont égarés chez toi à la vue des résultats que tu es capable d’apporter.

Dans ces conditions, comment s’étonner de la suite ?

Le client est roi et… esclavagiste

Troll-hurle

« Être micro-entrepreneur est souvent associé à une vie indépendante, débarrassée d’un quelconque chef.

Faux !

Car même si je n’avais pas de patron, il y avait le client avec lequel j’étais dans une relation quasi salariée… et qui se conjugue au pluriel !

Cela signifie que vous multipliez les inconvénients de la subordination par autant de petits patrons potentiellement désagréables qui vous disent :

Moi, je ne paie que si je suis content !

Alors, je m’efforçais de répondre à leurs attentes sans me poser de questions. Flexible, malléable et corvéable à souhait, je n’étais qu’un tâcheron zélé et efficace. Une employée.

Quand quelqu’un embauche un micro-entrepreneur, il pense qu’il doit être tout à lui. Il se conduit moins bien qu’avec un salarié. Un salarié a des droits. Alors que le micro-entrepreneur, qui va-t-il saisir lui ? Et dans quel délai ? »

Non Josette, un entrepreneur n’est pas un employé.

Un déclic ne s’est pas fait dans ta tête…

Tu n’as pas intégré que tu passais d’une relation employeur/salarié à celle de client/prestataire.

Personne ne t’embauche.

Tu t’adresses à des clients.

Et c’est à toi de définir clairement le cadre de votre collaboration au moment de conclure ton contrat :

  • Ce qu’inclut précisément ton offre de service (et ce qu’elle n’inclut pas).
  • Le montant de l’acompte à verser avant de commencer à bosser.
  • Les dates butoirs de chaque travail à rendre.
  • Ta manière de fonctionner.

Si tu as bien communiqué la valeur de tes services, que tu es sûre d’accomplir un excellent travail et d’apporter les résultats promis, ton client ne t’emmerdera pas.

Bien au contraire !

Et si lors de l’exécution du projet :

  • Tu es fiable et proactives
  • Tu ne fais jamais faire plus que le minimum requis à ton client.
  • Tu communiques à fond avec lui (plus que pas assez).
  • Tu lui demandes des feedbacks réguliers pour améliorer ta prestation.

Je peux t’assurer qu’il se sentira comme un roi et n’aura pas besoin de te réduire à l’esclavage.

Mais qu’en est-il des clients toxiques ?

Bah oui ! Nous tombons tous sur des clients trop exigeants, de mauvaise foi, bourrés de problèmes…

Freelance-pigeon
…ou avec les dents longues.

Alors, avant tout, fais-toi une raison :

Certains clients ne vaudront pas la peine que tu plies en quatre pour gérer les problèmes qu’ils te poseront.

Tu me diras sans doute :

« Mais je n’avais pas le choix ! C’était mon premier client et j’avais besoin d’argent. »

Mauvais calcul…

À quoi bon perdre ton énergie avec quelqu’un qui ne te payera sûrement jamais ? Sachant que tout ce temps perdu aurait pu te servir à trouver de meilleurs clients. Sans parler de la frustration qu’une telle expérience t’a laissée.

Mais peu importe, tu as choisi de t’y coller. Et tu t’es retrouvée dépendante de ton premier gros client ultra-exigeant qui veut tout et son contraire, pour hier et sans payer.

Tu as donc rencontré deux problèmes que tout indépendant expérimente au moins une fois dans sa vie :

Ton client te micro-manage

En clair, il te dit comment tu dois travailler.

Sache que tu ne changeras pas son comportement. Car ce micro-management est dû à ses peurs :

  • Peur d’être déçu par ton travail
  • Peur de ne pas avoir le contrôle sur toi

Alors, adapte ta communication à ses inquiétudes.

Il te demande des feedbacks trop souvent ?

Inverse les rôles.

Préviens-le chaque jour du travail que tu as effectué pour lui, peu importe le boulot. Et fais-le par écrit ! Précise le temps que tu y as passé, chaque action réalisée (même la plus petite) et ajoute des notes pertinentes.

Ainsi, il saura constamment où tu en es dans ton travail.

Et s’il t’envahit à nouveau ?

Renvoie-le vers ces mails en lui faisant comprendre que tout ce temps passé à te solliciter lui coûte de l’argent. Car en attendant, tu ne bosses pas pour atteindre ses objectifs.

Il t’impose des délais impossibles à tenir ?

Recentre son attention sur vos objectifs, pas sur le procédé pour y parvenir.

D’où l’importance de bien détailler les priorités et les buts à atteindre dans ton contrat.

Et lorsqu’il voudra t’imposer une deadline arbitraire en te disant :

« Tout doit être fait pour demain ! »

Tu pourras lui répondre :

« Pour confirmer, mon travail X est à faire pour aujourd’hui, mon travail Y est à faire pour demain soir, etc. »

Ce petit recadrage des objectifs l’obligera à réfléchir et à te dire : « OK ».

Ton client ne te paye pas

Lorsque tu sous-entends qu’un micro-entrepreneur a moins de droits qu’un salarié, tu te trompes.

Simplement, tu dois gérer tes impayés par toi-même. Comme une grande.

Pour ma part, je commence déjà par me couvrir en amont :

  • Avec un contrat et une facture détaillée comportant les dates de paiement.
  • Avec un acompte demandé avant d’effectuer tout travail (perso, je demande 50% de la somme totale).
  • Avec des CGV solides que j’envoie avec ma facture.

Cela me permet poser les bases avec mon client avant même de commencer à bosser.

Et s’il ne respecte pas les engagements qu’il a signés ?

Voilà ce que je fais dans l’ordre :

  1. Je lui envoie un mail de relance très poli (suffisant dans 80% des cas).
  2. Je monte d’un cran avec une deuxième relance toujours polie (le bénéfice du doute).
  3. Je passe à la relance froide par lettre recommandée avec AR + facturation de frais de retard (communiqués dans mes CGV).
  4. J’enchaîne avec une lettre de mise en demeure.

À ce stade, je peux t’assurer que 90% des mauvais payeurs s’exécuteront.

Pour connaître la procédure officielle en détail ou pour aller plus loin avec les 10% restants, je te recommande cet excellent article : Comment gérer les impayés en freelance.

Sinon, il te reste cette solution :

Mauvais-client-paye

Dans tous les cas…

Un freelance n’est esclave que par sa faute

Si ton client pense que tu es toute à lui, c’est que tu n’as pas su instaurer la bonne relation (ou que tu n’aurais pas dû accepter de travailler avec lui).

Et sache qu’un indépendant a tous les moyens légaux à sa disposition pour faire valoir ses droits.

Cela demande juste un peu d’expérience et quelques démarches.

Mais encore une fois, tous les problèmes que tu pointes ne sont pas réservés aux micro-entrepreneurs.

La solitude du micro-entrepreneur

Troll-pleure

« Seule à mon bureau pendant des mois du matin au soir, j’ai ressenti ce que vivent ces petites dames âgées et délaissées. J’ai vite regretté la vie du bureau. Car le lien social que crée le travail est fondamental.

Alors, je me suis inscrite dans un espace de coworking pour le simple plaisir de discuter à la machine à café. Mais je ne pouvais pas me permettre de dépenser 300 €/mois pour cela !

J’ai donc fini par acheter un sac à dos histoire de me déplacer plus facilement, et j’ai appris à poser mon ordinateur dans des cafés, entre deux rendez-vous. »

Cette solitude est toute relative Josette.

Car nous vivons tous notre routine de freelance différemment.

Lorsque j’étais employée dans des grosses boîtes, mon lien social avec les collègues n’était pas vraiment la panacée.

Un salarié ne choisit pas ses collègues… Et s’il n’est pas en phase avec eux, il peut vite me sentir très seul.

Depuis que je suis indépendante, c’est l’inverse !

Certes, je travaille seule de chez moi, installée à mon bureau.

Mais je bosse avec des gens de tous horizons ayant des tonnes de choses à m’apprendre (bien plus que mes anciens collègues). Sans compter qu’ils partagent mes valeurs, parce que nous nous sommes choisis.

J’échange avec eux très souvent, par mail, par téléphone ou par Skype. J’en ai même rencontré certains en réel malgré mon mode de vie nomade.

Je ne ressens donc pas cette solitude.

Et accessoirement, mes clients et partenaires deviennent des potes, voire des amis.

Mais il y a autre chose…

Dans les entreprises, les espaces de travail sont de plus en plus ouverts. Et le bruit occasionné par ces « open spaces » peut vite être dérangeant. Surtout pour quelqu’un qui écrit beaucoup.

Bref, lorsque c’est un choix, le mot « isolement » est assez rude.

Car lorsqu’on a un tempérament dynamique, positif et entreprenant, on ne vit pas cette situation comme un isolement.

Bien sûr, cela n’engage que moi.

Car je sais que beaucoup d’employés tissent des liens forts avec leurs collègues.

Et je comprends aussi que certains freelances puissent se sentir seuls s’ils n’ont pas la chance d’avoir des rapports privilégiés avec leurs collaborateurs et clients.

Mais alors…

Comment gérer la solitude en freelance

Là, tu as déjà donné quelques réponses.

Les espaces de coworking sont parfaits pour éviter la solitude entrepreneuriale.

Mais ils coûtent cher ! Et tous les micro-entrepreneurs ne peuvent pas se permettre de payer 250 à 300 €/mois pour discuter à la machine à café.

Reste ton idée de squatter les bars ou les médiathèques.

Mais même si tu as du monde autour de toi, pas sûr que tu puisses taper la discute tous les jours avec des inconnus.

À moins que tu te coltine les pochtrons ou les mecs collants…

Travailler-dans-bar-et-café
Voire les deux !

D’autres solutions ?

Pourquoi ne pas partager du temps de travail avec d’autres freelances ? Ou avec certains amis, même s’ils ne sont pas indépendants.

Il suffit alors de faire des petits coworkings ensemble, chez l’un ou chez l’autre, ou encore dans des cafés.

Tu peux également envisager une collocation de bureaux avec des petites entreprises ou des freelances.

Et si tu ne connais personne, tu peux toujours passer par des plateformes de coworking à domicile comme Officerider pour louer un espace de travail à la journée.

Enfin, dans le style coworking sans abonnement mensuel, tu peux profiter d’un anticafé.

Comme tu peux le voir, les SBF (Sans Bureau Fixe) ne manquent pas d’opportunités.

Le mot de la fin

Quel dommage Josette.

Ton amalgame entre micro-entrepreneur et freelance aura été fatal…

Pour toi :

Car tu n’as pas su te remettre en question face aux difficultés des travailleurs indépendants. Préférant abandonner en accusant le régime micro.

Pour tes lecteurs :

Parce qu’en stigmatisant la micro-entreprise, tu leur as fait peur. Les empêchant ainsi de tester leur idée avec ce régime sans prendre de risques.

Alors que l’auto-entreprise est une formidable expérience pour :

  • Mieux se connaitre, en découvrant ses points forts et ses points faibles.
  • Se révéler dans des domaines que l’on n’aurait jamais imaginés.
  • Tester sa force de caractère dans certaines situations.
  • Gérer sa vie pro à sa manière de A à Z.
  • Intégrer les valeurs qui nous tiennent à cœur dans notre boulot.

Je connais plein de micro-entrepreneurs gagnant très bien leur vie. Souvent même mieux qu’un salarié.

Leur point commun ?

Ils ont appris à piloter leur business correctement.

Et cela n’a rien à voir avec un quelconque statut. Car, quel que soit ton véhicule (EI, EURL ou SASU), monter ta boîte sans te former freelancing, c’est comme conduire sans permis.

 

Haydée Bouscasse

 

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