Propagande communiste

Le regard d’Ho-Chi-Minh sur la ville qui porte son nom !

Me voilà sorti de mon mausolée, j’avais pourtant demandé qu’on éparpille mes cendres du nord au sud du Vietnam…

Et j’apprends quoi ?

5 ans après ma mort, Saigon porte mon nom ! Hô-Chi-Minh ville.

Elle est devenue le poumon économique et financier d’un Vietnam libre.

Et quelle modernité comparée au reste du pays

En me voyant ressuscité dans ma ville, un petit voyageur français me dit :

Oubliez le calme typique de Hué et de sa cité impérial Oncle Hô.
Délaissez le charme artificiel d’un Mui Né, où quelques vietnamiens subsistent parmi les russes.

Vous êtes au cœur d’une fourmilière de 8 millions d’habitants qui n’a rien à envier aux capitales européennes.

Place du centre d'affaire de Ho-Chi-Minh ville et statue de Tran Hung Dao

« Vous êtes à Hô-Chi-Minh ! »

Et elle augmente de 200 000 personnes par an depuis 1999. C’est la destination principale des immigrants au Vietnam. Vos descendants reviennent au pays.

L’économie d’Hô-Chi-Minh est devenue communiste/libérale

Drapeaux communiste et vietnamien à Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Le drapeau est toujours là

Et tout cela depuis sa prise par les communistes vietnamiens. Sacrée contradiction.

Les idéaux politiques du Parti ont bien changé depuis ma mort. Le modèle sino-soviétique que j’espérais s’est fait bouffer par les capitalistes.
Mais prenons les choses du bon côté.

Tour du centre d'affaire de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Des banques partout dans le centre d’affaire

C’est le premier centre industriel du Vietnam. Ses investissements nationaux et étrangers se comptent en dizaine de millions de dollars. Tant pis pour le rouble.

Technologies de pointe, électronique, projets immobiliers, services ; tout les secteurs d’activité porteurs sont en pleine expansion :

  • 300 000 entreprises de haute technologie et procédés industriels
  • 15 parcs industriels et zones d’exportation
  • 50 banques et 20 compagnies d’assurance
  • 171 marchés importants et de nombreuses chaînes de supermarchés

Déjà 12 ans en bourse contre 3 pour Vientiane, la capitale Laotienne.

Saigon est incontournable sur le marché asiatique.

45 ans que je suis mort. Les Chinois sont passé à l’économie de marché, les Russes ont perdu la guerre froide et voilà que tout à changé.

L’évolution de l’homme va si vite ?

 

Pont périphérie de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

C’est une ville débordante d’énergie et en mouvement perpétuel qui s’offre à mon regard.

Mais que de contrastes !

Les vieux bâtiments côtoient les gratte-ciels ultras modernes

La fulgurance du développement de Saigon a créé des disparités incroyables.

Grands hôtels internationaux et bâtiments coloniaux se partagent la vedette au milieu des petits immeubles délabrés de 4 étages.

Place de de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Décors bien tranché entre les deux côtés de l’horloge

Les centres commerciaux et restaurants modernes flirtent avec les vendeurs à la sauvette.
Le Pho, plat national à base de nouilles frites, vous coûtera moins de 1€ dans ces boui-bouis interdits par les autorités et sujets à quelques descentes de police.

Petit bar caché de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Un petit bar à la sauvette caché en périphérie de la ville

La nuit, les lumières vives des grands boulevards s’estompent au passage des petites ruelles typiques regroupées en dédales labyrinthiques.

Scooters dans un ruelle étroite de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Les ruelles étroites de Hô-Chi-Minh vues de jour

C’est le petit vadrouilleur français qui m’a aidé à comprendre toutes ces nouvelles choses. Vous le connaissez peut-être, il fait des dessins… ;)

Nous nous accordons sur le fait que Hô-Chi-Minh est une sorte de mélange entre Hanoï et Paris. De mon temps on l’appelait le « Paris de l’Extrême-Orient » avec son urbanisme espacé à la française.

Par contre, 5 millions de cyclomoteurs qui s’agglutinent en masse compacte chaque jour, c’est dur.
Des embouteillages typiques à la métropole d’après les gens de votre époque. Vive la pollution.

Entassement de clyclomoteur à Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Ne m’obligez pas à traverser cette mer de casques motorisés ! Vous voulez ma…mort ?

Ce mélange de passé, de présent et d’avenir me fait mal au crâne. Je vais rester en touriste si vous le voulez bien. Ça me rappellera mes années de voyage d’études à l’étranger.
Aaaah ! Londres, Le Havre, New-york, que de souvenirs qui m’ont tant appris.

Rue touristique de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Lê Thanh Tôn, la rue des backpackers

Quelle place ont les touristes en sac à dos à Hô-Chi-Minh ?

Je décide de suivre le français pour le savoir.
Un bus nous dépose au cœur du District 1, dans le quartier Pham Ngu Lao, centre touristique de la ville.
J’y découvre une pléiade d’hôtels dispatchés sur quelques petites rues.

Tout est plus cher à Pham Ngu Lao ; sauf l’alcool

C’est l’endroit touristique stratégique par excellence, le rendez-vous des backpackers, comme vous dites maintenant.

Le quartier est situé à deux pâtés de maisons du Palais de la Réunification. Ancien QG de l’ennemi.
Mes potes Viêt Công y ont détruit l’ancien palais un peu avant ma mort.

C’est là que mon peuple a signé la fin de la guerre américaine.

Le palais de la réunification de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

C’est là que j’aurais pu savourer la victoire si je n’avais pas choisi de mourir plus tôt

La rivière Saigon n’est pas loin et propose son lot de bars/restaurants en tout genre, ainsi qu’une vision sur les impressionnants bateaux cargos rejoignant le port de marchandises de la métropole.
Encore un élément clé du développement commercial de la ville.

Un bateau cargo acosté à Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Notez les tours au fond qui font très « cités » dortoirs

Le soir, la rue Lê Thanh Tôn pullule de jeunes touristes étrangers venus s’abreuver de « Saigon beer » et de junk food asiatico-occidentale.
La vie nocturne est animée, l’ambiance est festive et les prix prohibitifs ! Sauf pour la bière…

Nous savons maintenant pourquoi le backpacker est alcoolique.

Me dit mon petit français en rigolant.

A l’instar des habitants de ma ville, nous profitons de la fraîcheur du soir en batifolant sur les places publiques pour boire, manger et rencontrer du monde.

Soupe typique Vietnamienne à Hô-Chi-Minh Ville

Soupe typique vietnamienne dont je serai ravi de me souvenir du nom

Une densité telle que la ville oblige à une exploration pédestre !

Notre Dame de Saigon et sa vierge, Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

La vierge de Notre Dame de Saigon

Pas facile de crapahuter pour un vieux de 124 balais…

Après avoir arpenté 6 de ses 24 districts, je suis heureux d’avoir laissé mon nom à Saïgon. Hô-Chi-Minh ville, « la ville de celui qui éclaire » regorge d’ambiances à découvrir.

Vous voulez le vrai Saigon ? Marchez !

Pas d’énumération de bâtiments, m’a dit mon compagnon français. Même mort, je dois préserver mon image de leader et non de guide de voyage touristique nouvelle tendance.

Il a quand même tenu à visiter la cathédrale Notre-Dame de Saigon et le théâtre municipal. Deux répliques de monuments parisiens. Quels chauvins ces français.

Mes anciens alliés, ou geôliers suivant l’époque, se sont regroupés sur 2 districts de la ville pour former le plus grand quartier chinois du pays.

Hors du centre, nous passons un bras du Mékong et je retrouve un peu de ce Vietnam ancien, plus familier, moins clinquant mais plus réel.

Canal de Mékong, Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Les quartiers populaires le long des canaux du Mékong

Crazy Buffalo, quartier touristique de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Ils nous prennent vraiment pour des c…

Loin de la rue branchée Nguyen Du, tous regardent mon français, étonnés de le voir ici.

Que fait-il si loin des grandes tours ?

Il vient vous découvrir, vous et votre cuisine loin de l’arnaque d’un Crazy Buffalo.

Car la vraie cuisine vietnamienne y est toujours aussi fantastique ! Et pour cela aussi je suis heureux d’avoir marché au hasard des rues et restaurants cachés.

Une ville remplie d’une telle diversité de bâtiments et d’architectures est rare.
J’ai beau avoir combattu certains pays pour préserver le Vietnam de leur influence, elle s’est immiscée avec les années par d’autres biais.

Ça rend Hô-Chi-Minh plus compétitive et du coup plus attractive. Je ne m’en plains pas, même si ça ne justifie pas les exactions que j’ai connu pendant la guerre.

L’occupation occidentale a dopé la croissance de Saigon

Le français les premiers en hissant cet ancien village de pêcheurs Khmer au rang de capitale de la Cochinchine, puis de l’Indochine.
Les francophones sont maintenant en minorité en ville. Des anciens pour la plupart.

Les jeunes vietnamiens d’Hô-Chi-Minh préfèrent l’anglais

De mon temps, Saigon était le siège du commandement U.S.

Elèves dans une classe de Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

Il valait mieux étudier l’anglais dans les classes vietnamiennes

Les américains n’accordaient alors des subventions qu’avec l’usage obligatoire de la langue de Shakespeare.

La ville était remplie de centaines de milliers de soldats. Son port regorgeait de navires important des milliers de tonnes de matériel.
Je vous laisse imaginer le bon de l’activité économique de la ville. La portée commerciale universelle de la langue anglaise à fait le reste.

Saigon se transforme en riche mégalopole. Et si le capitalisme rend mes compatriotes heureux, alors…

Mais je n’en oublie pas les horreurs commises par les Etats-Unis

Non content d’essuyer tortures et bombardements « normaux » Nous avons eu droit à « l’agent orange ».

Avionde guerre vietnamien à Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam

La guerre est un souvenir caché derrière le temps qui passe mais reste bien présente

Allez visiter le musée des crimes de guerre de Saigon et découvrez les conséquences des pluies toxiques balancées sur nos têtes pendant 10 ans.

Une visite instructive recommandée par le vieux sage communiste déjà mort que je suis.

Toute guerre amène son lot de progrès économique, technologique et médical parait-il. Ravi que mon peuple ait contribué au progrès en testant les futures générations de pesticides pour l’agriculuture moderne.

Merci pour cette balade !
Hô-Chi-Minh

Tony Founs

 

 

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